Nadia Chahed
19 Avril 2019•Mise à jour: 20 Avril 2019
AA/Illa Kané
Le premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maïga, a présenté jeudi sa démission au président Ibrahim Boubacar Keïta, a annoncé la présidence malienne dans un communiqué.
Maïga a présenté sa démission et celle des membres de son gouvernement conformément à l’article 38 de la constitution, précise le communiqué publié jeudi soir.
Le président a accepté la démission du premier ministre, indique encore la présidence malienne, ajoutant qu'un premier ministre sera nommé très prochainement et un nouveau gouvernement sera mis en place après consultation de toutes les forces politiques de la majorité et de l’opposition
La démission de Soumeylou Boubèye Maïga intervient au lendemain du dépôt d’une motion de censure contre son gouvernement par un groupe de députés de la majorité et de l’opposition.
Mercredi, le député Ibrahima Kouriba, président du groupe parlementaire du principal parti au pouvoir (Rassemblement pour le Mali) et son collègue Amadou Maiga, vice-président du groupe parlementaire de l’opposition (Vigilance républicaine démocratique), ont déposé une motion de censure contre le gouvernement de Maïga, lui reprochant son "incapacité à gérer le pays".
Le vote de la motion devait avoir lieu ce vendredi 19 avril, conformément à la constitution malienne, en présence du premier ministre et des membres de son gouvernement.
Pour aboutir, la motion devait être votée par 98 députés sur les 147 que compte le parlement malien.
Selon de nombreux médias maliens, le texte avait beaucoup de chance de passer, étant donné qu’à eux seuls les partis dont sont membres les députés signataires de la motion totalisent 85 députés.
Depuis quelques temps, de Soumeylou Boubèye Maïga fait l’objet de nombreuses critiques, aussi bien au sein de la classe politique que des organisations de la société civile. On lui reproche surtout une "mauvaise gestion" du pays alors que les problèmes sécuritaires ne cessent de s'amplifier notamment dans le centre du pays.
Lors d’une marche organisée le 10 février dernier à Bamako par le Haut conseil islamique du Mali, les manifestants ont appelé à la démission du Premier ministre et de son gouvernement.