Esma Ben Said
09 Octobre 2017•Mise à jour: 09 Octobre 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao
Souleymane Kamaraté Koné, alias « Soul To Soul », chef de protocole du président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, a été écroué lundi, après son audition dans une affaire sensible de découverte d'une cache d'armes pendant une mutinerie en mai à Bouaké (centre), a annoncé le procureur d'Abidjan.
« M. Karamaté a été interpellé ce lundi. Une information judiciaire avec mandat de dépôt a été ouverte contre lui et toutes autres personnes concernées pour complot contre l'autorité de l'Etat », a declaré le procureur Richard-Christophe Adou, devant la presse au palais de justice d'Abidjan.
Koné Kamaraté Souleymane, a été interpellé, après une audition dans les locaux de la brigade de recherche de la gendarmerie à Abidjan ce lundi.
Dans la nuit du 11 au 12 mai dernier, en effet, des caisses d’armes contenant des armes de guerre neuves avaient été découvertes dans une résidence à Bouaké, alors secouée par une mutinerie militaire.
Au lendemain de la découverte de cette cache d’armes, l’ex-ministre de la Défense, Alain Richard Donwahi, avait annoncé l'ouverture d'une « enquête afin de cerner les responsabilités».
Depuis le 26 mai dernier, Koné Kamaraté a été entendu plusieurs fois par la justice. Il avait expliqué au cours de sa première audition qu’il n’était « ni l’acquéreur ni le propriétaire » des caisses d'armes, selon son entourage.
« Les enquêtes ont permis d’établir que la villa abritant cette cache d’armes est la propriété de M. Koné Kamaraté Souleymane », a indiqué le procureur dans sa déclaration, devant la presse.
D'après le procureur, la cache contenait plus de « six tonnes de diverses armes de guerre et de munitions notamment les lance-roquettes RPG7, mitrailleuses lourdes, fusils d’assaut AK47, kalachnikov, bombes, mortiers etc... ».
« Les enquêtes ont également révélé que des personnes avaient été informées de l’existence de ces armes dans la ville de M. Koné et invitées à aller se servir. Ces enquêtes ont établi qu’un grand nombre de ces armes avaient leur chargeur dejà garnis donc prêtes à l’emploi. Leur mise à disposition visait la déstabilisation de l’Etat », a expliqué le procureur.
Réactions:
Des proches de Guillaume Soro ont bruyamment commenté l’action de la justice.
« Témoin des événements depuis le 19 septembre 2002, l’arrestation de Koné Souleymane marque l’apogée de l’ingratitude politique en Côte d’ivoire », a ecrit Alain Lobognon (ex-ministre des sports) sur son compte twitter.
« Monsieur Kone Kamarate Souleymane a déjà fait de la prison en 2000 pour la cause du Président Alassane Ouattara. C’est un homme fort qui saura rester digne », a déclaré pour sa part, Touré Moussa, Chef du Service Communication du Président de l’Assemblée nationale, dans un communiqué transmis à la presse.
Accusé par certains politiques et observateurs de vouloir déstabiliser le pays en connivence avec son chef de protocole, le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro n’a pas encore réagi à cette interpellation de son proche collaborateur.
Toutefois, en mai dernier, il avait appelé ses « détracteurs » au calme et déclaré être prêt à assumer ses « responsabilités » dans cette affaire.