Mohamed Hedi Abidellaoui
28 Janvier 2017•Mise à jour: 30 Janvier 2017
AA/ Abidjan (Côte d'Ivoire)/ Fulbert Yao
Après l’échec de la reprise du travail, les syndicats de la fonction publique en Côte d'Ivoire ont décidé vendredi en Assemblée Générale à Abidjan, de suspendre leur mouvement pour une durée d'un mois « afin de donner une chance aux discussions à venir ».
« La Plateforme nationale, réunie en Assemblée générale, vendredi, à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody suspend pour un mois son mot d’ordre de grève afin de donner une chance aux discussions à venir et invite les fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire à reprendre le travail dès lundi 30 janvier 2017 à 07h00 », a indiqué le syndicat dans un communiqué publié à l’issue de cette réunion.
Ce nouvel appel à la reprise du travail intervient six jours après un premier appel lancé par des responsables syndicaux sur les antennes de la télévision publique (RTI), qui a été rejeté par les fonctionnaires, en raison des points d'achoppement concernant le reliquat d'arriérés de paiement et l’augmentation salariale.
En grève depuis le 9 janvier, ceux-ci réclament le paiement de primes, d’arriérés de salaire et des bonifications salariales. Ils dénoncent, par ailleurs, une réforme du régime des retraites qui fait passer les cotisations de 6% à 8,33% du salaire, alors que les pensions subissent une baisse entre 30% et 50%.
Après des rencontres avec le gouvernement, des résultats ont été obtenus sur plusieurs accords à l’image de la jouissance immédiate de la pension de réversion, l’intégration des agents journaliers à la fonction publique en 2017 et 2018 et l’application de la revalorisation indiciaire des 150 points à partir du 1er janvier 2018. Reste à régler la question du stock des arriérés de paiement pour un montant de 249,6 milliards de Fcfa (407 millions de dollars US).
Mercredi, le gouvernement a qualifié d’ «illégale» la poursuite du mouvement malgré les accords, menaçant de prendre des mesures appropriées. «Le gouvernement demande à tout le monde de reprendre le travail. Si le travail n’est repris ou si les organisations syndicales ne lacent pas un ordre à leurs bases pour la reprise du travail, le gouvernement, à l’issue des discussions résiduelles, qui sont en cours, prendra acte de la rupture des négociations et ramènera toutes les parties aux textes de loi qui régissent notre pays», avait déclaré le porte-parole du gouvernement, Bruno Nabagné Koné, lors d’un point de presse qu’il a animé à l’issue d’un conseil des ministres.