Lassaad Ben Ahmed
19 Avril 2018•Mise à jour: 19 Avril 2018
AA / France / Fawzia Azzouz
Une nouvelle journée de mobilisation a eu lieu jeudi dans l’ensemble de la France où plus de 130 mobilisations ont été recensées par les syndicats avec pour mot d’ordre la «convergence des luttes», pour avoir plus de poids face aux réformes du gouvernement, ont rapporté les médias français.
La grève a touché de nombreux secteurs, jeudi, notamment dans les écoles, la Poste, les distributeurs d’énergie ou encore le personnel ferroviaire.
«Ce qui est certain, c'est la nécessité de la coïncidence des luttes», à déclaré le député et ex-candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon avant de poursuivre : «On est dans un processus où la radicalité du comportement du Président a évidemment poussé au rapprochement de tout le monde».
Et pour cause, la mobilisation de ce jeudi a permis à l’ensemble des Français qui protestent contre les réformes gouvernementales de se mobiliser lors d’une journée placée sous le signe du rassemblement.
Qu’ils soient personnels hospitaliers, postiers, étudiants, fonctionnaires, cheminots, ils étaient des dizaines de milliers dans les rues de nombreuses villes de France pour protester. Selon le chef de file de la CGT à Marseille (Sud-est) cité par le journal d’information français L’Obs, le gouvernement «veut tout privatiser, il faut arrêter».
Parmi les réformes les plus contestées c’est celle de la Société nationale des chemins de fer (SNCF), qui a le plus suscité de grèves à répétition, depuis plusieurs semaines en France, avec une très forte mobilisation à l’appel des syndicats.
Elle a été définitivement entérinée mardi par l’Assemblée Nationale après avoir été largement plébiscitée lors d’un vote des députés avec 454 voix pour, et seulement 80 contre le projet de loi.
Les étudiants étaient eux aussi mobilisés, jeudi, pour protester contre le nouveau système «Parcoursup», réservé à ceux qui veulent effectuer des études supérieures, mais après une sélection entre les élèves.
De son côté, le chef de file La République En Marche à l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a dénoncé «une volonté de mettre un certain bazar en mobilisant toute une série de professions qui n'ont pas de revendications précises», selon L’Obs.
Dimanche soir déjà, lors d’une interview en direct à la télévision française, le président Emmanuel Macron avait déclaré ne pas croire à une convergence des luttes en estimant que les mouvements ont «peu à voir entre eux».
Pour rappel, les prémices de ces grèves à répétitions ont débuté en début d’année avec une forte mobilisation chez les cheminots qui refusent l’ouverture à la concurrence pour l’ensemble du réseau de chemins de fer français avec un calendrier progressif qui s’échelonnera à compter de décembre 2019 dans certaines régions.
Le statut des cheminots sera également affecté par la nouvelle loi, puisqu’elle prévoit la fin de ce statut avantageux pour les nouveaux contrats de travail.
C’est cette mesure qui était le plus contestée par les grévistes.