Esma Ben Said
16 Novembre 2017•Mise à jour: 16 Novembre 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao
Abidjan a ordonné jeudi l’expulsion des occupants des emprises de toutes les forêts classées en Côte d’Ivoire, a indiqué le porte-parole du gouvernement ivoirien Bruno Koné, à l’issue d’un conseil de ministres.
Cette décision du gouvernement fait suite au conflit foncier qui oppose depuis septembre autochtones wê et allogènes baoulés dans la forêt classée de Gouin-Débé, à Guiglo, dans l’ouest ivoirien, qui a occasionné la mort de 7 personnes, 28 blessés, 2 cas de viol et 4 campements incendiés et fait des milliers de déplacés, d'après le ministre ivoirien, qui s'exprimait face à la presse.
Les différents camps se disputent en effet le droit de cultiver des parcelles de terre dans la forêt de Goin Débé, dans l'Ouest ivoirien.
D’après le porte-parole du gouvernement Bruno Koné « la situation s’est stabilisée » dans la région grâce aux différentes médiations.
Toutefois, en vue de mettre un terme définitif au conflit dans la forêt de Gouin Débé, le gouvernement a ordonné «une opération d’identification et de recensement des occupants de la forêt classée du Gouin Débé; le déploiement de 1000 éléments des forces de défenses et de sécurité, pour une première durée de 3 mois », a indiqué Bruno Koné.
Le gouvernement a aussi ordonné une « opération de désarmement et de sécurisation dans la région» et la poursuite des « enquêtes sur les faits de criminalité qui ont ont déjà donné lieu à 7 arrestations », a mentionné Bruno Koné.
A noter que la quasi-totalité des forêts classées ivoiriennes est en voie de destruction imputable aux occupations illégales et défrichements sauvages pour l’agriculture.
Selon les données officielles, des 231 forêts classées existants dans le pays d'une superficie globale d'environ « 4,2 millions d'hectares en 1960 », seuls « 1,3 millions d'hectares de forêts» existent encore à ce jour, infiltrées par les producteurs de café et de cacao qui ont profité des années de crise (2002-2010) pour s’y installer avec à la clé des conflits fonciers meurtriers.