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Crise entre l’Algérie et la France : Ségolène Royal appelle à la reconnaissance des crimes coloniaux

Selon elle, « certaines blessures, les crimes de la colonisation, n’ont pas été nommées totalement, ni réparées, ni excusées, elles doivent l’être par la France »

Aksil Ouali  | 18.01.2026 - Mıse À Jour : 18.01.2026
Crise entre l’Algérie et la France : Ségolène Royal appelle à la reconnaissance des crimes coloniaux

Provence-Alpes-Cote d Azur

AA/Alger/Aksil Ouali

La présidente de l’Association France-Algérie (AFA) et ancienne candidate à la présidentielle française en 2007, Ségolène Royal, a appelé à la reconnaissance des crimes coloniaux français, comme un premier pas vers la résolution de la crise entre les deux pays.

Intervenant lors d’un évènement de son association sur le thème « Demain, la France et l’Algérie », organisé samedi à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris, cette figure du parti socialiste français a suggéré un plan en trois points pour tourner la page du lourd contentieux historique entre la France et l’Algérie.

Elle a plaidé d’abord pour la « reconnaissance des crimes coloniaux, la réparation et les excuses de la part de l'État français ». « Il faudrait, d'abord, abattre les murs pour construire des passerelles de savoir et de respect par le dialogue, entre étudiants, entrepreneurs, chercheurs, artistes, créateurs et bien d’autres », a-t-elle déclaré.

La présidente de l’AFA s’est engagée, en ce sens, à « faire tout ce qu’elle pouvait pour que l’on puisse avancer sur ce difficile problème de la mémoire ». Se démarquant du concept de « rente mémorielle », cher au président français, Emmanuel Macron, elle a estimé qu’il est « une manière commode de légitimer la parole des blessés de l’histoire ».

« La mémoire des violences coloniales n’est pas un calcul ou un intérêt, c’est un droit de reconnaissance de faits établis et documentés », a-t-elle soutenu. Selon elle, « certaines blessures, les crimes de la colonisation, n’ont pas été nommées totalement, ni réparées, ni excusées, elles doivent l’être par la France ».

« C’est cette reconnaissance qui permettra la résilience complète et la libération vers la création, la projection vers des projets communs joyeux et enthousiasmants. « La mémoire est un socle commun sur lequel on peut construire le "plus jamais ça", » a-t-elle insisté.

Pour traiter aussi ce dossier mémoriel, Ségolène Royal a appelé aussi à la restitution des biens appartenant à l’Algérie qui le réclame depuis plusieurs années, ainsi qu'à la remise des archives sur les essais nucléaires français en Algérie dans les années 1960 et au traitement de leurs conséquences sur les humains et l’environnement.

Les déclarations de Ségolène Royal interviennent alors que la chambre haute du parlement algérien s’apprête à adopter une proposition de loi criminalisant le colonialisme français (1830-1962). Ce projet a déjà été adopté, fin décembre dernier, par l’Assemblée populaire nationale (APN). Cette démarche a suscité des critiques de la part des autorités françaises qui estiment que ce projet « ne favorisera pas le rapprochement entre les deux pays », comme l’a affirmé, le 13 janvier courant, l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet.


La crise entre les deux pays perdure depuis l’été 2024. Pendant plus de 18 mois, toutes les tentatives de rapprochement ont été vaines. Le changement du gouvernement en France a permis la reprise des contacts entre les responsables des deux pays, sans aboutir, pour l’instant, à un « retour à la normale ».

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