Congo-Brazzaville/Crise du Pool: Sassou Nguesso veut "racheter" les armes des miliciens
Afin de trouver une solution pacifique à la crise qui secoue depuis plus d'un an la région du Pool (sud du Congo), le Président congolais s'est entretenu avec des responsables de la région
Congo
AA/Brazzaville/Rosie Tshanda
Afin de trouver une solution pacifique à la crise humanitaire et sécuritaire qui secoue depuis plus d'un an la région du Pool dans le sud du Congo, le Président congolais Denis Sassou Nguesso, qui a rencontré des personnalités de la région, mardi à Brazzaville, a déclaré vouloir "racheter les armes des miliciens".
La région du Pool est confrontée à une crise générale, depuis avril 2016, au lendemain de la réélection de Denis Sassou Nguesso à la Présidence de la République.
Cette crise provoquée par une insurrection des miliciens Ninjas aux ordres de Frederic Bintsamou alias Pasteur Ntomi, s'est accompagnée par de lourdes conséquences, notamment économiques et sociales, à cause de l’interruption du trafic ferroviaire dans la région, ce qui a entraîné le manque des denrées alimentaires et l’inflation des coûts de ces produits.
Sassou Nguesso s’est entretenu mardi à Brazzaville avec les sages, notables et responsables religieux de la région, pour trouver une solution à la crise.
Au cours d'échanges directs qui ont duré plus de deux heures, et qui se sont terminés par un rituel aux allures de réconciliation, les différentes parties ont fait des déclarations et pris des engagements dont entre autres, la réinsertion des ex-combattants, a rapporté la correspondante de Anadolu.
Sassou Nguesso, a assuré vouloir trouver une solution pacifique à cette crise avant d’inviter les miliciens à se rendre avec leurs armes, qui pourront être rachetées par l’État.
« On va racheter leurs armes pour, qu’avec cet argent, les miliciens puissent organiser leur vie. On ne leur prendra pas gratuitement leurs armes. L’État pourra les racheter. Il faut donc qu’ils sortent avec leurs armes, même les armes de chasse»,a-t-il dit.
Et d'assurer : « Le président ne va pas les tuer. La plupart d’entre eux sont de pauvres jeunes gens enrôlés dans les sectes. On ne tuera personne parce que la Constitution de notre pays interdit la peine de mort. Des conditions seront créées pour que des opérations de ce genre se déroulent proprement (…) On ne peut pas soigner un mal sans faire de diagnostic. Nous allons créer les conditions pour que soit mis fin à cette situation et ceci sans délai».
Pour leur part, les sages du Pool qui ont adressé un message à la Nation, par la voix de Dominique Loubassou, ont tenu a rappeler que cette crise constitue une dérive qui a eu des conséquences incalculables sur la région et ses populations, et le pays tout entier.
« Nous sollicitons la réalisation des propositions suivantes : l’ouverture des couloirs sécurisés pour encourager la sortie des jeunes en déperdition ; leur cantonnement et leur réinsertion sociale à travers les programmes du Haut-commissariat à la réinsertion des ex-combattants ; la libre circulation des personnes, des biens et surtout des vivres», rapporte la déclaration.
« Le retour dans leurs villages respectifs des populations déplacées et leur accompagnement à travers des programmes d’assistance humanitaire ; la relance du trafic ferroviaire et routier ; le fonctionnement régulier de l’administration publique ; la réouverture des écoles et centres de santé », a-t-il ajouté, des propositions allant dans le sens de l’accalmie.
