Lassaad Ben Ahmed
26 Mars 2019•Mise à jour: 26 Mars 2019
AA / Tunis
Dans l’attente des résultats provisoires de la présidentielle du 24 mars aux îles Comores, les missions d’observation ont déploré, dans une déclaration commune, des tensions empêchant les électeurs de se rendre massivement pour exercer « leur droit civique dans la sérénité ».
Cette déclaration a été conjointement signée par les observateurs de l'Union africaine, du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Comesa) et des Forces en attente de l'Afrique de l'est (EASF).
Sur la base de cette déclaration « La Gazette des Comores », média local, a évoqué, mardi, des dysfonctionnements et des interruptions des opérations de dépouillement dans différents bureaux de vote.
«Cette situation empêche les missions d'observation de se prononcer de façon objective sur la transparence et la crédibilité du scrutin du 24 mars 2019», précise la déclaration commune.
Le même média rapporte que les forces de l’ordre sont intervenues dans plusieurs villes de l’archipel pour disperser les manifestations contestant les irrégularités observées le jour du scrutin.
«Quatre candidats ont été blessés » a fait savoir le journal.
La veille, l’Observatoire national des élections a signalé, dans un communiqué, « plusieurs obstacles » signalés pendant tout le processus électoral.
« Beaucoup d’anomalies ont été repérées surtout dans l’île d’Anjouan », a déclaré Mohamed Farouk Ali président de l’Observatoire, dans le communiqué.
« A Anjouan, des cas de bourrage des urnes ont été constatés », a-t-il expliqué, citant une dizaine de bureau de vote.
L’observatoire a, toutefois, souligné que la plupart des bureaux de vote ont ouvert à temps, à l’exception de quelques centres, où le matériel électoral a été livré tardivement.
Dimanche 24 mars, quelque 308 mille Comoriens ont été appelés aux urnes pour choisir un nouveau président parmi 13 candidats, dont le président sortant, Azali Assoumani. Les électeurs devaient choisir également les gouverneurs de chacune des îles composant l’archipel, à savoir, Anjouan, Grande Comore et Mohéli.
80 observateurs internationaux ont été déployés pour assister au déroulement du vote. Ces observateurs ont été mandatés notamment par l’Union africaine, la Ligue des Etats arabes et le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Comesa).
Pour rappel, la présidence des Comores était assurée en alternance entre les trois principales îles de l’archipel, à raison d'un mandat de cinq ans pour chaque île, jusqu’à la tenue du référendum du 30 juillet 2018, permettant au même président de renouveler sa candidature pour un deuxième mandat consécutif.
Ainsi, Azali Assoumani pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2029, pourvu qu’il gagne cette présidentielle, dont le deuxième tour est prévu pour le 21 avril.
L’Union des Comores s’étale sur un archipel de 2612 kilomètres carrés en océan indien et compte quelque 814 mille habitants.