AA/ Moroni/ Houmi Ahamed Mikidache
Le principe de "présidence tournante" entre les îles comoriennes, inscrit dans la Constitution de l'Union des Comores, n'interdit pas, contrairement à ce qu'affirment les détracteurs d'Ahmed Aballah Mohamed Sambi, cet ancien président, au pouvoir de 2006 à 2011, de se représenter en 2016, selon Ibrahim Soulé, secrétaire général du parti Juwa, dans un entretien avec Anadolu.
A un an de la présidentielle comorienne, un débat constitutionnel agite, ainsi, une partie de la classe politique quant à la véritable portée à donner au principe constitutionnel de "présidence tournante entre 3 îles" des Comores, et dont l'interprétation est déterminante quant à la participation ou non, de nombreux candidats, à l'instar de l'ex-président Sambi.
"La Constitution comorienne n'interdit aucunement au président Sambi de se représenter. Dans son article 13 , elle dit que le président est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable, ce qui veut dire que même le président sortant, qui n'est pas originairaire de la Grande Comore, peut se représenter" a dit à Anadolu le responsable du parti de Sambi, en soulignant que l'inscription d'un tel principe équivaudrait à "une discrimination entre les Comoriens."
Pourtant, l'article 14 de la constitution comorienne fait usage, à deux reprises, au concept de "l’île à laquelle échoit la tournante". De nombreux observateurs, juristes, ainsi qu'une partie considérable de la classe politique soutiennent, ainsi, que le prochain président comorien doit être issu de l'île de la Grande Comore, après une présidence de l'île d'Anjouan (Ahmed Sambi, de 2006 à 2011), de l'île de Mohéli (Ikililou Dhoinine de 2011 jusqu'en 2016).
Ceux-ci invoquent, notamment, à l'appui de leur thèse, le même article 13 de la Constitution, tel que modifié par la révision constitutionnelle de 2009, qui dispose clairement que "la Présidence est tournante entre les îles." Pour Ibrahim Soulé, en revanche, il s'agit d'une interprétation, à laquelle il oppose la sienne, selon laquelle Ahmed Sambi, de l'île d'Ajouan, peut se représenter. Une version "qui se tient également" selon le politicien comorien.
L'article 13 précise ainsi que "la primaire ne peut s’organiser deux fois successives dans la même île." Pour Soulé, c'est précisément cette dernière disposition qui est la source de "la confusion."
"Dans la constitution, la tournante fait plutôt référence aux primaires. Ce sont les primaires dont la Constitution dit qu'elles sont organisées dans une île différente à chaque fois. Mais, il n'est pas interdit à tout Comorien de se présenter devant les électeurs quelle que soit l'île dont il est issu." poursuit Soulé.
Le parti Juwa, présenté comme l'un des favoris à l'issue du second tour des élections législatives et municpales du 22 février, compte ainsi reprendre le pouvoir, après que Sambi l'a exercé de 2001 à 2006. Il compte, notamment, sur l'appui d'une forte diaspora, notamment en France où cette communauté dépasse les 300 000 personnes, et où elle est connue pour son engagement politique.
"C'est une des composantes majeures de notre politique et de notre parti. En 2013, lors d'une visite en France, avec l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, nous avons sensibilisé la diaspora à nos idées."
"Nous n'avons même pas un million d'habitant dans notre pays. Ce qui n'est pas énorme" poursuit-il "Nous comptons sur nos propres ressources pour initier un développement. Nous ne sommes pas dans un milieu désertique. Nous sommes dans l'océan et nous avons la région la plus arrosée au monde. Donc on peut s'en sortir avec l'aide de la diaspora qui est prête à nous appuyer."