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Centrafrique : Des violations du cessez-le-feu et des incitations à la violence préoccupent l'ONU

Fatma Bendhaou   | 23.06.2022
Centrafrique : Des violations du cessez-le-feu et des incitations à la violence préoccupent l'ONU

Cameroon

AA / Peter Kum

La Cheffe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), Valentine Rugwabiza, s’est inquiétée, mercredi, au Conseil de sécurité, de la persistance des violations du cessez-le-feu « par toutes les parties qui poursuivent leurs opérations et actes de belligérance » en RCA.

Rugwabiza a relevé que la cessation des hostilités sur toute l’étendue du territoire centrafricain reste à la fois un objectif immédiat et un gage de crédibilité de la « feuille de route conjointe ».
En prenant la parole, la présidente du Réseau pour le leadership de la femme en Centrafrique (Relefca), Lina Ekomo, a souligné que « tous les ingrédients politiques, socioéconomiques et sécuritaires sont réunis pour plonger le pays dans le chaos malgré l’Accord politique pour la paix et la réconciliation ».

Ekomo qui représente la société civile centrafricaine a appelé le Conseil de sécurité à considérer la République centrafricaine comme une « situation d’urgence » nécessitant des « mesures d’urgence », dont la condamnation d’un mode de gouvernance caractérisé par une violence généralisée contre la population, les partis politiques d’opposition, les groupes ethniques et les dirigeants de la société civile.

De même, Lina Ekomo a plaidé en faveur d’un « cadre de concertation des forces vives de la nation », sous observation de l’ONU et de l’Union africaine (UA) garantissant que les femmes puissent jouer un rôle moteur.

Si Valentine Rugwabiza a également invité le gouvernement centrafricain à mettre en œuvre les 217 recommandations issues du dialogue républicain qui s’est tenu en mars dernier pour promouvoir l’espace démocratique, la représentante de la société civile a en revanche qualifié ce dialogue d’« occasion manquée  », déplorant « le caractère non inclusif » de ce processus qui, selon elle, a montré que « la seule motivation du régime est de réviser la Constitution pour étendre le mandat présidentiel ».

Lors des débats, la République centrafricaine a dit être en peine de tenir un plaidoyer sur « l’injustice des sanctions » contre le pays alors que le monde observe une « avalanche de distribution d’armes sur un terrain de conflit ».

La RCA a assuré la volonté de son gouvernement de parvenir à la stabilisation par la neutralisation de tous les groupes armés, le représentant imputant à un « embargo immoral » la difficulté de son pays à faire face à des groupes armés mieux équipés que les soldats centrafricains.

En écho à cette déclaration, le représentant du Gabon, au nom des A3 (Gabon, Ghana, Kenya), a insisté sur l’importance de lever l’embargo sur les armes imposé en RCA et a appelé le Conseil de sécurité à se focaliser sur les sources et chaînes d’approvisionnement des groupes rebelles qui ont « étonnamment » un accès libre à des armes de plus en plus sophistiquées.
Pour rappel, c’est depuis le début de la crise sécuritaire en 2013 que l'embargo sur les armes en Centrafrique est en vigueur et il a été prolongé à maintes reprises.

Le 29 juillet 2021, le Conseil de sécurité a adopté une résolution visant à prolonger l'embargo sur les armes destiné à la République centrafricaine jusqu'au 31 juillet 2022, ainsi que le mandat du Groupe d'experts assistant le Comité des sanctions contre la RCA jusqu'au 31 août 2022.

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