Fatma Bendhaou
16 Février 2021•Mise à jour: 16 Février 2021
AA/ Peter Kum
Les deux ex-chefs de milice anti-balaka centrafricains Alfred Yékatom et Patrice Edouard Ngaïssona ont plaidé non coupable, mardi, à l'ouverture de leur procès à la Cour pénale internationale (CPI), à la Haye. Ils sont accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine entre 2013 et 2014.
« Je ne me reconnais pas dans les charges retenues contre moi, je ne suis pas coupable », a déclaré, mardi, Patrice-Edouard Ngaïssona, considéré comme le coordinateur national des anti-balaka, au tribunal de La Haye, dans un procès retransmis en direct sur tous les sites de la CPI.
L’ancien caporal-chef de l'armée centrafricaine, Alfred Yekatom, également connu sous le nom du colonel Rombhot, ou parfois « Rambo », a donné une réponse similaire, affirmant que « ces chefs d'accusations sont incorrects ».
La Cour a d’ailleurs souligné dans un communiqué en mi-journée de mardi que « M. Yekatom et M. Ngaïssona ont tous les deux plaidé non coupable de toutes les charges à leur encontre ».
Les audiences se poursuivront jusqu'au 18 février 2021 avec les déclarations liminaires du bureau du procureur et les déclarations des représentants légaux communs des victimes, suivis des déclarations liminaires de la défense de Ngaïssona.
La défense de Yekatom fera ses déclarations liminaires au début de la présentation de ses preuves.
Le procès devrait reprendre le 15 mars 2021, date à laquelle l'accusation commencera à présenter ses preuves et à citer ses témoins devant les juges.
C'est la première audience à la CPI depuis l'ouverture de l'enquête sur la Centrafrique en septembre 2014 sur les crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui y auraient été commis à partir de 2012.
Yekatom est soupçonné « pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité » commis entre décembre 2013 et août 2014, selon un communiqué de la Cour.
Le mandat d'arrêt à l'encontre de Patrice-Edouard Ngaïssona a été délivré le 7 décembre 2018.
Il a été arrêté par les autorités de la République française le 12 décembre 2018 et transféré au quartier pénitentiaire de la CPI le 23 janvier 2019, à l'issue des procédures nationales nécessaires. Sa première comparution a eu lieu le 25 janvier 2019.
Le 20 février 2019, la Chambre préliminaire II a décidé de joindre les affaires Yekatom et Ngaïssona.
Depuis 2012 et le début de l'offensive qui a abouti à la prise de Bangui par l'ex-coalition de la Séléka, la Centrafrique est le théâtre de violences meurtrières quotidiennes qui ont forcé un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.