CAN 2025 : entre Maroc et Sénégal, une finale au sommet pour un football africain en pleine maturité
- À la veille de la finale de la CAN 2025 Maroc-Sénégal, Doudou Jacques Faty estime que cette affiche illustre l’entrée du football africain dans une nouvelle ère, marquée par un niveau élevé, des leaders confirmés et des ambitions mondiales
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore et Wafae El Baghouani
À la veille de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, l’affiche opposant le Maroc au Sénégal cristallise à elle seule les évolutions profondes du football africain. Deux sélections structurées, riches de joueurs évoluant au plus haut niveau européen, et portées par une forte ferveur populaire, s’affrontent pour une deuxième étoile continentale. Pour Doudou Jacques Faty, ancien international sénégalais, cette finale symbolise l’entrée de la CAN dans une nouvelle ère.
« Une finale se joue toujours sur des détails », estime l’ex-défenseur, qui insiste sur la gestion des émotions, l’expérience et la rigueur tactique comme facteurs déterminants. Face à face, deux leaders incarnent ces exigences : Achraf Hakimi, côté marocain, et Sadio Mané, figure centrale du Sénégal. « Ce sont des joueurs habitués aux grands rendez-vous », souligne Faty, qui assume sans détour son pronostic en faveur de sa sélection d’origine.
Une édition parmi les plus relevées
Ancien participant à la CAN 2012, Doudou Jacques Faty observe une progression continue du niveau de la compétition. Selon lui, l’édition 2025 confirme une tendance de fond : l’effacement progressif des écarts entre les sélections.
« Il n’y a plus de petites équipes », affirme-t-il, évoquant la présence croissante de joueurs africains dans des championnats européens compétitifs, y compris au sein de sélections longtemps considérées comme secondaires. Cette internationalisation des effectifs aurait contribué, selon lui, à une homogénéisation du niveau et à une plus grande imprévisibilité des rencontres.
Organisation et arbitrage : un contraste assumé
Sur le plan organisationnel, l’ancien international sénégalais dresse un constat largement positif. Il salue les infrastructures marocaines, la qualité des terrains, ainsi que l’accueil réservé aux délégations, qu’il juge conforme aux standards internationaux.
Un bémol subsiste toutefois : l’arbitrage. « C’est un axe sur lequel des efforts supplémentaires doivent être consentis », estime-t-il, plaidant pour un renforcement de la formation des arbitres africains afin d’accompagner l’élévation globale du niveau de jeu.
Le tournant des entraîneurs africains
Faty voit également dans cette CAN un symbole fort : la présence d’entraîneurs africains à la tête des sélections demi-finalistes, fait présenté comme inédit depuis plusieurs décennies. Pour lui, cette évolution marque une rupture avec une forme de dépendance historique à l’expertise étrangère.
« Cela montre que les compétences existent sur le continent », analyse-t-il, citant le travail mené au Maroc et au Sénégal.
Une CAN plus rare, mais plus attractive ?
Interrogé sur le projet de la Confédération africaine de football visant à espacer la CAN tous les quatre ans, Doudou Jacques Faty adopte une position nuancée. Contrairement à certaines critiques, il estime que cette réforme pourrait renforcer l’attractivité de la compétition, à condition d’être accompagnée d’épreuves intermédiaires structurées.
« Ce sera un changement culturel, mais le football africain doit aussi s’adapter aux exigences du calendrier international », observe-t-il.
Le football comme fait social africain
Au-delà des résultats sportifs, Faty insiste sur la dimension sociale et symbolique de la CAN. Les hommages rendus dans les tribunes, les récits de joueurs surmontant le handicap ou les difficultés sociales rappellent, selon lui, que la compétition dépasse le strict cadre sportif.
« La CAN, c’est un moment de respiration collective », dit-il. « Elle unit, elle transmet des messages de mémoire et d’espoir. »
Un horizon mondial plus crédible
Enfin, l’ancien international se montre résolument optimiste quant à l’avenir du football africain sur la scène mondiale. Il estime que les performances observées lors de cette CAN autorisent désormais des ambitions élevées lors des prochaines Coupes du monde.
« Atteindre les demi-finales, voire plus, n’est plus un objectif irréaliste », affirme-t-il, citant plusieurs nations capables, selon lui, de rivaliser durablement avec les grandes sélections européennes et sud-américaines.
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
