Lassaad Ben Ahmed
24 Février 2020•Mise à jour: 24 Février 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Répondant à l’appel de certains patriotes camerounais, près de mille manifestants, selon la police, se sont rassemblés devant l’ambassade de France à Yaoundé et le consulat de France à Douala, lundi.
Brandissant des pancartes, les manifestants ont scandé des slogans tels que « le Cameroun n'est pas une province française » ou « Biya n'est pas un gouverneur nommé par la France ».
Les manifestants ont surtout accusés la France de permettre le financement du terrorisme au Cameroun.
« France, pourquoi portes-tu atteinte à mon futur en permettant le financement du terrorisme dans mon pays », sont les phrases qui reviennent avec insistance sur les pancartes brandies par les protestataires.
Ces manifestations interviennent quelques jours après la déclaration du président français Emmanuel Macron qui a qualifié, samedi 22 février, de « violations des droits de l’homme intolérables » le massacre perpétré du 14 février à Ngarbuh dans la région du Nord-Ouest anglophone, faisant des dizaines de morts.
« Je vais appeler la semaine prochaine le Président Paul Biya et on mettra le maximum de pression pour que la situation cesse. Il y a des violations des droits de l’homme au Cameroun qui sont intolérables, je fais le maximum », a expliqué le chef de l’État français en marge d’une visite au Salon de l’agriculture à Paris, alors qu’il était interpellé sur cette question par l’activiste camerounais Calibri Calibro.
Depuis samedi, des voix se font entendre sur les réseaux sociaux ou dans les rues, remettant en cause les propos du président français.
Le gouvernement camerounais a demandé « aux pays amis », de ne « point accorder de crédit à des activistes », dans un communiqué publié le 23 févier, « au risque d’être piégés et de faire preuve d’une candeur voire d’une inimité susceptibles de porter préjudice aux bonnes relations » avec le Cameroun.