Lassaad Ben Ahmed
08 Novembre 2017•Mise à jour: 08 Novembre 2017
AA/Yaoundé/Peter Kum
Un groupe d’activistes de la cause anglophone «lourdement armés» a, dans la nuit de mardi à mercredi, attaqué un check-point dans la ville de Bamenda que gardent des gendarmes et des policiers, a fait savoir le gouverneur de la région anglophone du Nord-ouest du Cameroun.
«Le maréchal de logis Himna René en service à la compagnie de Bafia mais détaché à Bamenda et l’élève gendarme Sani David en formation au Camp Yayap (Yaoundé) lui aussi en détachement à Bamenda dans le cadre de la crise anglophone, ont été mortellement atteints par balles et ont par la suite succombé à leurs blessures dans la nuit de mardi», souligne le gouverneur, Adolphe Lélé Lafrique.
Le responsable du Nord-ouest précise, par la suite, que les activistes ont "disparu dans la nature après leur forfait".
Déjà, lundi dernier, un autre gendarme avait été tué dans la localité de Jakiri par un autre groupe d’activistes qui tentait de fermer une école.
La région anglophone du Nord-Ouest est sous une vive tension depuis quelques semaines, avec la relance de la ville morte du lundi à mercredi de chaque semaine par les activistes anglophones.
Les indépendantistes radicaux exigent que des commerces et des écoles restent fermés, tant que la crise anglophone n’est pas résolue.
Une délégation envoyée le mois dernier par le gouvernement pour dialoguer avec les sécessionnistes avait été rejetée par ces derniers.
Ils ne veulent plus de dialogue avec le gouvernement et indiquent que leur projet est la partition du Cameroun.
Dans un rapport publié en octobre dernier, l’International Crisis Group (ICG) avait demandé aux autorités camerounaises de prendre des mesures «fortes» et «urgentes», sinon la crise anglophone donnera «la naissance d’une insurrection armée».
«Au-delà de la question électorale, les violences sporadiques de ces derniers mois et les communications dans les réseaux sociaux ont montré que certains sécessionnistes seraient prêts à la lutte armée.», indique le rapport.
«L'ouverture d'un front à l'Ouest pourrait s'avérer dramatique pour le Cameroun, qui fait déjà face à Boko Haram à l'Extrême-Nord et à des miliciens dans sa partie orientale», précise l'ICG.