Afrique

Cameroun : la tension monte entre le gouvernement et l’opposant Kamto

L’opposant Maurice Kamto a appelé à des manifestations pacifiques dès le 22 septembre, pour exiger le départ du président Paul Biya.

Lassaad Ben Ahmed   | 16.09.2020
Cameroun : la tension monte entre le gouvernement et l’opposant Kamto

Cameroon
AA / Yaoundé / Peter Kum

Au lendemain de l’appel lancé par l’opposant Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), à des manifestations populaires et pacifiques, dès le 22 septembre, pour exiger le départ du président Paul Biya, le gouvernement a mis en garde contre tout mouvement visant les « institutions républicaines démocratiquement élues ».

Dans un communiqué en date du 15 septembre, le porte-parole du gouvernement camerounais, Emmanuel René Sadi, a annoncé, en effet, que les autorités ont pris connaissance « des appels à l’insurrection et au renversement des institutions de la République par des responsables d’un parti politique ».

Pour le gouvernement camerounais, « aucune manifestation ne saurait être considérée comme pacifique lorsque le but déclaré en est le lancement d'un mouvement insurrectionnel et le renversement d'institutions républicaines démocratiquement élues », a indiqué le communiqué.

Répondant au gouvernement, Kamto a souligné dans un communiqué que « les marches appelant au départ de M. Paul Biya ne sont pas des actes d’insurrection, de rébellion, de révolution ou d’hostilité contre la patrie, encore moins des actes terroristes, mais l’expression pacifique de l’exaspération face à un pouvoir qui n’entend ni les supplications, ni les pleurs des populations qui souffrent atrocement dans un pays qui se fissure ».

Dans un message daté du 14 septembre, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait instruit aux gouverneurs de prendre des dispositions en vue d’éviter la mise en œuvre du plan de soulèvement populaire dénommé « révolution des abeilles », que Maurice Kamto et ses partisans entendent mettre en œuvre à compter du 22 septembre.

Le ministre a demandé aux gouverneurs de procéder « sans faiblesse » et «sans la moindre complaisance» mais avec professionnalisme avant, pendant et après les élections régionales fixées pour le 6 décembre prochain, à des interpellations suivies de gardes à vue.

Le ministre a souligné qu’« aucun écart de comportement ne sera toléré de quelque parti politique que ce soit et de qui que ce soit».

Toutes ces menaces du gouvernement camerounais ne semblent pas décourager l’opposant Kamto dans son agenda, qui a appelé ses partisans à prendre des précautions pour faire éventuellement face à des jets de gaz lacrymogène lors des manifestations.


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