Afrique

Cameroun / Crise anglophone : quatre éléments des forces de l'ordre tués dans une embuscade

- Quatre autres sont portés disparus dans le Sud-Ouest anglophone depuis lundi.

Lassaad Ben Ahmed   | 16.06.2021
Cameroun / Crise anglophone : quatre éléments des forces de l'ordre tués dans une embuscade

Cameroon

AA / Yaoundé / Peter Kum

Deux policiers et deux gendarmes d'une patrouille mixte, ont été tués dans une embuscade à Otu dans la région du Sud-ouest du Cameroun, a-t-on appris de sources régionales, mercredi.

« Lundi, une patrouille composée d'éléments de la police et de la gendarmerie est tombée dans une embuscade tendue par des terroristes sécessionnistes dans la localité d’Otu, près de la frontière nigériane », a indiqué au téléphone, mercredi, à l’Agence Anadolu, le gouverneur de la région du Sud-Ouest, Okalia Bernard.

« Le bilan fait état de deux policiers et deux gendarmes tués. Nous avons également deux policiers et deux gendarmes qui sont portés disparus », a-t-il précisé depuis Yaoundé la capitale camerounaise où il prend part à la conférence semestrielle des gouverneurs.

Il a indiqué, par ailleurs, que le bilan côté assaillants reste inconnu pour le moment et l’armée mène un ratissage dans la zone depuis lundi pour traquer les sécessionnistes et libérer les éléments des forces de sécurité faits otages.

La localité d’Otu qui longe la frontière nigériane, a été la première base de recrutement et de formation des miliciens du mouvement armé séparatiste anglophone. Des militaires sont régulièrement pris pour cibles dans cette zone.

Le 31 mai 2020, cinq militaires avaient été tués alors qu’ils assistaient à un match de football dans un stade à Otu.

Le 10 mai de la même année, le maire de la ville de Mamfe, chef-lieu d’Otu dans la région du Sud-Ouest, Prisley Ojong, avait été assassiné par des sécessionnistes après avoir tendu une embuscade contre son convoi.

Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du pays sont en proie, depuis quatre ans, à un sanglant conflit entre des groupes armés anglophones qui réclament l’indépendance des deux régions baptisées "Ambazonie", alors que les forces de sécurité ont été dépêchées par Yaoundé pour les réprimer.

Une partie de la minorité anglophone s’estime marginalisée au Cameroun, ancienne colonie française peuplée majoritairement de francophones.

Les civils sont fréquemment pris en tenaille et victimes de crimes et d’exactions des deux camps, selon des ONG internationales et l’ONU. Ce conflit a fait plus de 3 500 morts et forcé plus de 700 000 personnes à fuir leur domicile.

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