Mohamed Safwene Grira
23 Janvier 2017•Mise à jour: 23 Janvier 2017
AA/ Abidjan/ Fulbert Yao
Les syndicats des fonctionnaires ivoiriens ont décidé de suspendre la grève qui paralyse depuis deux semaines l'administration, et ce, pour "donner une chance aux négociations avec le gouvernement".
Ces négociations se tiendront à partir de mardi, a précisé Zady Théodore Gnagna, président de la plateforme des organisations professionnelles du secteur public, dans une déclaration lue à la télévision nationale dimanche soir.
Des rencontres avec le gouvernement s'étaient tenues la semaine dernière sans aboutir, toutefois, à des accords sur l'ensemble des revendications des syndicats.
En grève depuis le 9 janvier, les fonctionnaires réclament, principalement, des arriérés de salaires et des augmentations salariales. Ils dénoncent, d'un autre côté, une réforme du régime des retraites qui fait passer les cotisations de 6% à 8,33% du salaire, alors que les pensions subissent une baisse entre 30% et 50%.
Le mouvement syndical qui a touché toute la fonction publique a été déclenché peu après une mutinerie de soldats dont les revendications tournaient autour de paiement de primes et d'augmentations salariales.
La promptitude du pouvoir à satisfaire les revendications des soldats a encouragé les fonctionnaires à entrer en grève, estiment des observateurs qui rappellent que ces syndicats sont dominés par le courant pro-Laurent Gbagbo.
L'ancien président ivoirien est aujourd'hui incarcéré et jugé à la Haye pour son rôle présumé dans la crise post-électorale de 2010-2011. Première force d'opposition dans ce pays d'Afrique de l'Ouest longtemps cité en exemple de stabilité économique et institutionnelle, son parti, le Front populaire ivoirien (FPI) se positionne déjà pour la transition de 2020 après le départ annoncé du président Alassane Ouattara.