Hatem Kattou
27 Juillet 2017•Mise à jour: 27 Juillet 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Le dialogue inclusif est la condition sine qua non à tout règlement de la crise au Burundi, a soutenu l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Burundi, Michel Kafando.
« Il devient impératif que le Gouvernement burundais accède à l'insistance des pays de la sous-région et de l'Union Africaine, appuyée en cela par les Nations Unies, d'aller au dialogue inclusif, c'est à dire impliquant l'opposition exilée et celle de l'intérieur », a déclaré mercredi devant le Conseil de sécurité de l'ONU Kafando qui présentait le compte-rendu de son premier déplacement au Burundi comme Envoyé onusien.
« C'est, à mon avis, à ce prix que nous parviendrons à instaurer la confiance entre les Burundais, à garantir des institutions crédibles, stables et démocratiques et à promouvoir la réconciliation nationale » a-t-il ajouté.
L'envoyé spécial de l'ONU a également souligné la nécessité de respecter l'Accord d'Arusha (qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006) qui « doit demeurer la norme de référence, la pierre angulaire. Tous les acteurs non-gouvernementaux que j'ai eu à rencontrer, le reconnaissent et l'exigent », a-t-il dit.
Et de poursuivre: «Je suggère d’apporter plus de discernement à la crise burundaise».
Présentant le bilan de ses entretiens avec toutes les parties, M. Kafando a relevé « des appréciations divergentes sur la situation politique qui prévaut dans le pays ».
Si «Les autorités burundaises sont confiantes en leur capacité de conduire les affaires du pays dans la sérénité et dénoncent les ingérences étrangères, l’opposition et la société civile s’inquiètent des dérives actuelles du pouvoir et demandent un dialogue inclusif, sans pré conditions et avec la participation de tous les Burundais», a-t-il encore déclaré.
Bujumbura n’a pas réagi à ces déclarations jusqu'à jeudi midi.
Après sa nomination à ce poste par le SG de l’ONU en mai dernier, Michel Kafando a effectué sa première visite de courtoisie aux autorités burundaises du 27 au 29 juin. Il a par la suite rencontré le Facilitateur, Benjamin Mkapa le 30 juin à Dar-Es-Salaam en Tanzanie avant d’assister aux travaux du 29eme sommet de l’UA à Addis-Abeba les 3 au 4 juillet.
Michel Kafando a remplacé à ce poste Jamal Benomar récusé par Bujumbura pour sa complicité présumée dans l’élaboration des rapports onusiens sur le Burundi.
Les relations entre le Burundi et les Nations unies sont tendus depuis la publication en septembre 2016 d'un rapport d'experts onusiens attribuant à la police et aux forces de sécurité gouvernementales la responsabilité des violences qui déchirent le pays depuis plus de deux ans.
Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse en effet une grave crise politique émaillée de violences suite à la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.
Ces violences ont déjà fait plus de 1000 morts et ont poussé plus de 400.000 personnes à l’exil selon l’ONU et les ONG.