Afrique

Burundi: Nkurunziza vs la communauté internationale, un bras de fer de trois ans

Lassaad Ben Ahmed   | 09.05.2018
Burundi: Nkurunziza vs la communauté internationale, un bras de fer de trois ans

Bujumbura

AA/Bujumbura/Jean Bosco

En avril dernier, les Burundais ont commémoré le 3ème anniversaire du déclenchement de la crise suscitée par la candidature, puis l’élection du président Pierre Nkurunziza à un 3ème mandat jugé illégal par l’opposition et par une partie de son propre camp.

Pendant ces trois longues années, cette crise a donné du fil à retordre à la communauté internationale incapable de venir à bout de l’entêtement du président Pierre Nkurunziza à briguer son mandat dit "de la discorde".

De l’Union africaine (UA) à l’Organisation des Nations unies (ONU) en passant par la Communauté d’Afrique de l’est (CAE) aucune instance internationale n’aura pu le faire plier. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Dans la fraîcheur de l’événement, la Communauté est-africaine (CAE) a initié en juillet 2015, un dialogue inclusif à Arusha (Tanzanie) entre Bujumbura et ses opposants. Ce dialogue inter-burundais est toujours au point mort. Le 4ème et dernier round des négociations a eu lieu du 27 novembre au 8 décembre dernier.

A cette époque, Bujumbura et ses opposants radicaux ont laissé en suspens bien des points de divergence, notamment la "levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques" et "le dialogue avec les groupes armées». Bujumbura a déjà exprimé sa volonté de le rapatrier.

L’opposition et la communauté internationale ne cessent de demander à Pierre Nkurunziza de s’engager dans cette voie de dialogue inclusif en vue de sortir de la crise. «Tout le monde prônait le dialogue pour aider le Burundi à sortir de cette crise mais les autorités n’en ont cure ; le gouvernement continue à diaboliser ses opposants en les traitant de putschistes ou de fauteurs de troubles», a déclaré à Anadolu l’opposant Tatien Sibomana, porte-parole du parti Union pour le progrès national, Uprona.

En décembre 2015, l’UA s’est elle aussi saisie du dossier et a décidé «d’autoriser le déploiement d’une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) pour une période initiale de six mois, renouvelable».

Dans la foulée, Bujumbura s’est farouchement opposée à cette force panafricaine, menaçant de la considérer comme «une force d'invasion et d'occupation», et se réservant «dans ce cas, le droit d'agir en conséquence».

Face à cette réticence des autorités burundaises, l’UA a alors décidé de surseoir à toute intervention militaire dans l’immédiat et de privilégier le dialogue politique inclusif.

Même l’Organisation des Nations Unies (Onu) n’y est pas allée de main morte. En septembre 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU a ainsi adopté une résolution (n°2303 du 29 juillet 2016) autorisant, entre autres, l’envoi au Burundi de 228 policiers pour sécuriser le pays. Mais jusqu'à présent, aucun policier de l’ONU n’a encore été déployé dans le pays.

En outre, face aux soupçons de crimes contre l’humanité et autres atrocités commis par le régime en place à Bujumbura, l’Onu a mis sur pied une Commission d’enquête sur le Burundi. Dans la foulée, Bujumbura a signifié à l’ONU son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Sa décision est devenue effective une année plus tard, soit en octobre 2017.

Malgré ce désengagement du Burundi de la CPI, cette dernière a autorisé au Procureur «à ouvrir une enquête sur des crimes, relevant de la compétence de la Cour, qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l'extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu'au 26 octobre 2017».

Le Burundi est en situation de grave crise politique et sécuritaire née de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer depuis fin avril 2015, un 3ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.

Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 430.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les refugiés (UNHCR) publié le 26 avril 2018.




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