Mohamed Safwene Grira
23 Janvier 2017•Mise à jour: 24 Janvier 2017
AA/ Bujumbura/ Yvan Rukundo
Le parti au pouvoir au Burundi a rejeté, lundi, un rapport publié récemment par l'ONG internationale Human Rights Watch (HRW) accusant sa milice de procéder à des exactions à l'endroit de la population.
Les Imbonerakure ("ceux qui voient loin", en langue locale kirundi) ne sont que des jeunes militants affiliés au Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (Cndd-Fdd-parti au pouvoir), a réagi Nancy Ninette Mutoni, chargée de communication au sein du parti, dans une déclaration à Anadolu.
La responsable burundaise a toutefois indiqué que ces jeunes sont également membres de comités mixtes de sécurité. A ce titre, les Imbonerakure peuvent être chargés d'épauler les forces de sécurité dans la prévention de la violence, d'après la responsable.
Le rapport de HRW visant à "diaboliser" la jeunesse du parti au pouvoir s'inscrit dans la liste des "faux rapports" qui visent à ternir l'image du Burundi, alors que le pays commence à retrouver la voie de la sécurité, a ajouté Mutoni.
"Des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi, connus sous le nom d’Imbonerakure, ont brutalement tué, torturé et sévèrement battu des dizaines de personnes à travers le pays au cours des derniers mois", avait accusé jeudi dernier l'ONG internationale en demandant à l'ONU de prendre des sanctions contre ce groupe.
Le Burundi a été épinglé à plusieurs reprises par des rapports d'ONG de défense des droits de l'homme ou des rapports d'experts de l'ONU.
C'est à la faveur des conclusions d'une enquête réalisée par des experts indépendants que le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté, en septembre dernier, une résolution pour mettre en place une commission d’enquête sur les violations des droits humains commises dans ce pays depuis avril 2015.
Cette date correspond à l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat "contraire à la Constitution" d'après l'opposition, une grande partie de la société civile et de la communauté internationale.
La crise qui s'est aggravée après la réélection de Nkurunziza en juillet de la même année a déjà coûté la vie à plus de 1000 personnes. Elle a également poussé plus de 310 000 personnes à prendre le chemin de l’exil d'après un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh), datant de novembre dernier.