Burundi : l’UE s’engage à venir en aide aux réfugiés congolais avec 3,5 millions d’euros
- Déclaration du Représentant spécial de l’UE dans la région des grands lacs lors d’une visite au Burundi
Ankara
AA / Bujumbura / Jean Bosco Nzosaba
L’Union Européenne s’est engagée à assister des réfugiés congolais vivant au Burundi avec 3,5 millions d’euros, a annoncé vendredi Johan Borgstam, Représentant spécial de l’UE dans la région des grands lacs à l’issue d’une visite de trois jours au Burundi.
Il a exprimé « le soutien de l’UE aux besoins des réfugiés nouvellement arrivés de la République démocratique du Congo au Burundi et a souligné la contribution européenne de 3,5 millions d’euros pour aider les autorités à y faire face », a déclaré Tony Nsabimana, attaché de presse à la Délégation de l’UE au Burundi.
Le Représentant spécial de l’UE dans la région des grands lacs s’est aussi entretenu avec les acteurs humanitaires (HCR, PAM, IOM) « sur les défis liés à l’arrivée de nouveaux réfugiés congolais au Burundi ».
Le diplomate européen s’est également rendu sur le site des réfugiés congolais de Busuma à Ruyigi, à 250 km de Bujumbura vers l’est du Burundi, pour remettre un stock d’urgence de 73 tonnes d’articles non alimentaires et d’abris « afin de répondre aux besoins les plus pressants des populations accueillis sur ce site », a ajouté Tony Nsabimana.
C’est la 4ème visite de Johan Borgstam au Burundi depuis sa prise de fonction en septembre 2024 comme Représentant de l’UE pour la région des grands lacs.
D’après le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), la percée des rebelles du M23 au Sud-Kivu, une province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a provoqué un afflux massif de réfugiés vers le Burundi voisin.
L’ONU a estimé à plus de 90 000, le nombre des demandeurs d’asile congolais recensés entre le 6 et le 31 décembre 2025.
Le mouvement rebelle du M23 qui bénéficie du présumé soutien des forces rwandaises, poursuit son avancée dans la partie est de la RDC après la prise de contrôle de plusieurs villes stratégiques de la région dont Goma, Bukavu et Uvira.
Le M23 a été créé en 2012 par des militaires dissidents de l’armée congolaise. Après une brève montée en puissance, il a été défait en 2013 par les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), appuyées par les Casques bleus de la Monusco. Cependant, le M23 a repris les armes en 2022, s’emparant de plusieurs localités dans la province du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda.
Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir activement le M23 pour accéder aux richesses minières de la région. Ces accusations sont étayées par des rapports d’agences onusiennes, qui pointent un appui militaire rwandais au mouvement rebelle.
Le Rwanda réfute ces allégations, affirmant que le M23 est un mouvement congolais dirigé par des Congolais, bien que ses membres parlent le kinyarwanda, la langue rwandaise.
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