Lassaad Ben Ahmed
14 Décembre 2017•Mise à jour: 14 Décembre 2017
AA / Bujumbura / Jean Bosco
L’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités burundaises à libérer Nestor Nibitanga, un activiste des droits humains détenu à Bujumbura depuis plus de trois semaines, a appris Anadolu du site officiel de cette organisation des droits de l’homme.
Dans un communiqué rendu public mercredi, HRW souligne que «les autorités du Burundi détiennent un activiste des droits humains depuis le 21 novembre 2017. Elles devraient immédiatement remettre en liberté cet activiste, ou l’inculper en retenant contre lui un chef d’accusation crédible».
L’activiste Nestor Nibitanga a été arrêté à son domicile dans la province de Gitega (120 km de Bujumbura vers le centre) et emmené au Service national de renseignement (SNR) à Bujumbura.
«Human Rights Watch et d’autres organisations ont documenté de nombreux cas de torture de détenus dans ces locaux». Nestor Nibitanga y est resté deux semaines avant son transfert dans une prison située au sud du Burundi.
Selon HRW, son cas n’est pas isolé dans le contexte burundais actuel.
«L’arrestation de Nibitanga n’est que le dernier épisode d’une répression généralisée à l’encontre des activistes des droits humains et des journalistes indépendants au Burundi», a déclaré Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.
Il s’agit d’une message à l’intention des militants des droits de l’homme qui sont encore dans le pays. «Alors que de nombreux activistes et journalistes indépendants du Burundi ont été contraints de s’exiler, l’arrestation de Nibitanga envoie à ceux, peu nombreux, qui ne sont pas partis, un signal terrifiant selon lequel c’est à leurs risques et périls qu’ils sont restés».
Nestor Nibitanga était l’observateur régional de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), l’une des principales organisations de défense des droits humains du Burundi interdites par le gouvernement en octobre 2016.
Les autorités burundaises n’ont pas encore réagi à cet appel de HRW. Au Burundi, des organisations de la société civile non acquises au régime, sont toujours accusées de collaborer avec l’opposition radicale.
Depuis plus de deux ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire née de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat présidentiel, jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences engendrées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU et les ONGs.