Afrique

Burundi/Fuite des cerveaux : Bujumbura poursuivra les étudiants qui ne rentrent pas au pays

Le gouvernement burundais a accusé la France, la Belgique et les USA de "retenir ses meilleurs étudiants après la formation dans leurs universités"

Esma Ben Said   | 30.08.2017
Burundi/Fuite des cerveaux : Bujumbura poursuivra les étudiants qui ne rentrent pas au pays

Burundi

AA/Bujumbura/Jean Bosco Nzosoba

Pour juguler le phénomène de la fuite des cerveaux, le gouvernement burundais a annoncé que les étudiants qui ne reviendraient pas après une formation à l'étranger, seront poursuivis en justice.

Le Secrétaire général et porte-parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba, qui s'exprimait mardi soir face à la presse, a accusé certains pays occidentaux, de "retenir ses meilleurs étudiants après la formation dans leurs universités".

"Le Burundi envoie ses meilleurs étudiants ou fonctionnaires pour être formés dans des pays occidentaux, paie leur formation et à la sortie, ces pays les recrutent pour les servir parce qu’ils sont brillants, c’est une grande perte pour le pays, le gouvernement ne va plus tolérer cela", a-t-il déclaré.

Bujumbura a accuse "trois pays" de retenir "le plus grand nombre d’étudiants et de cadres burundais après leur formation".

"Il s’agit de la Belgique, de la France et des Etats-Unis", a encore ajouté Philippe Nzobonariba, précisant que ce constat avait été fait lors d’une retraite des ministres et autres hauts cadres du gouvernement organisée par le président Pierre Nkurunziza les 28 et 29 août derniers au chef-lieu de la province de Gitega (120 km de Bujumbura) dans le centre du Burundi.

Philippe Nzobonariba a également indiqué que les secteurs les plus affectés par cette fuite de cerveaux étaient les "domaines de la santé, de l’armée et de la police".

Bujumbura n'a toutefois pas fourni le nombres d'étudiants ayant jusqu’ici refusé de rentrer après la formation.

Pour faire face à cette fuite, le gouvernement a décidé que «désormais tout étudiant devra, avant son départ, signer un engagement de revenir après la formation sans quoi il sera poursuivi en justice» ; en outre, Bujumbura ne va plus «envoyer ses étudiants ou cadres dans les trois pays cités».

Aucun des pays accusés n'a commenté ces propos jusqu'à présent.

Selon des observateurs politiques, certains membres de l’armée et de la police sont restés à l’étranger par crainte pour leur sécurité suite à la
crise qui prévaut au Burundi depuis plus de deux ans, laquelle a particulièrement affecté les corps de défense et de sécurité.

Quant aux médecins, ils ne seraient pas rentrés à cause de la crise, d’une part, et, d’autre part, en raison des maigres salaires appliqués au Burundi.

Le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire depuis que le président Pierre Nkurunziza avait annoncé, en avril 2015, sa candidature à un troisième mandat, jugé non constitutionnel par l'opposition, la société civile et de larges pans de son propre parti.

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