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Burundi/Attaque de Cibitoke : L’armée reconnaît un «relâchement»

- Les éléments défaillants ont déjà été remplacés, a déclaré le porte-parole de l’armée burundaise.

Lassaad Ben Ahmed   | 14.05.2018
Burundi/Attaque de Cibitoke : L’armée reconnaît un «relâchement»

Burundi

AA / Bujumbura / Jean Bosco

Deux jours après l’attaque armée perpétrée à Cibitoke, dans l'Ouest du Burundi, près des frontières avec la République démocratique du Congo (RDC), l’armée burundaise a reconnu que certains de ses éléments affectés dans la localité attaquée ont eu un certain «relâchement».

«Cette attaque a été facilitée par le relâchement des militaires affectés dans la localité de Ruhagarika (attaquée)», a déclaré dimanche soir le colonel Floribert Biyereke, sur les ondes de la radio indépendante, Isanganiro.

Les éléments défaillants ont déjà été remplacés, a ajouté le porte-parole de l’armée burundaise.

Dans la nuit de vendredi à samedi, un groupe d’hommes armés non encore identifiées a tué 26 personnes dans une attaque perpétrée dans la localité de Ruhagarika, commune de Buganda, province Cibitoke (70 km de Bujumbura vers le nord-ouest) à proximité de la frontière avec la RDC.

Depuis dimanche, l’armée a, du coup, renforcé sa présence dans cette région frontalière de la République démocratique du Congo. Des enquêtes sont aussi en cours pour «identifier les criminels et leurs mobiles».

Dans la foulée, plusieurs personnalités et institutions ont énergiquement condamné ce carnage. Le président burundais Pierre Nkurunziza a promis, via son compte officiel twitter, des sanctions appropriées aux auteurs de cette attaque.

«Les auteurs de cette barbarie doivent être arrêtés et punis conformément à la loi», a-t-il déclaré.

Cette attaque de Cibitoke a aussi été condamnée par les ambassadeurs des pays de l’Union européenne à Bujumbura, comme en témoigne un message commun diffusé samedi soir sur twitter.

«Les ambassadeurs des pays de l’Union européenne au Burundi se disent "horrifiés par l’attaque à Ruhagarika (Buganda) et ses nombreuses victimes, y compris des enfants", et appellent à "une enquête indépendante contre les auteurs de cet acte ignoble».

Cette attaque n’a pas encore été revendiquée. Elle survient à moins d’une semaine d’un référendum constitutionnel contesté par l’opposition.

Jusqu’au 13 mai, les Burundais étaient appelés à retirer les cartes d’électeurs pour participer au référendum prévu le 17 mai courant.

La réforme constitutionnelle voulue par Bujumbura est contestée par l’opposition qui demande la poursuite du dialogue inclusif, initié à Arusha (Tanzanie) par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (CAE) pour résoudre la crise burundaise.

Le Burundi a plongé, depuis avril 2015, dans une grave crise, émaillée de violences, suite au dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat consécutif.

Les violences qui en ont découlé ont fait plus d'un millier de morts, et poussé plus 430.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés publié le 26 avril 2018.

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