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Burkina Faso/ Procès Sankara : Le premier accusé reconnaît les faits

- Yamba Elysée Ilboudo, soldat et chauffeur à l’époque, affirme qu'il n'a fait qu'exécuter les ordres

Fatma Bendhaou   | 26.10.2021
Burkina Faso/ Procès Sankara : Le premier accusé reconnaît les faits

Burkina Faso


AA / Ouagadougou / Dramane Traoré

Yamba Elysée Ilboudo, 62 ans, soldat et chauffeur à l’époque, faisant parti des quatorze accusés dans l’assassinat du Président burkinabè Thomas Sankara et de ses douze compagnons en 1987, a reconnu mardi, les faits qui lui sont reprochés à la barre.

Accusé d’assassinat et de complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, Yamba Elysée Ilboudo a répondu : "je reconnais les faits", avant de poursuivre qu’il était un soldat et qu’un soldat exécute les ordres de son chef.

"J’ai reçu l’ordre de mon chef Hyacinthe Kafando, le 15 octobre, qui m’a dit d’aller au Conseil de l’Entente (où a eu lieu l’assassinat). Nous avons démarré du domicile de Blaise Compaoré", a-t-il dit à la barre.

Il a souligné que dans le convoi se trouvait un autre véhicule conduit par Pathé Maïga. Les deux véhicules sont entrés au Conseil de l’Entente par l’accès nord.
Après quelques réglages, le groupe a mis le cap sur le bâtiment où Thomas Sankara et ses proches tenaient la réunion, et ouvert le feu.
L'audience du procès de l'assassinat du Président burkinabè Thomas Sankara et de ses douze compagnons a repris lundi après une suspension de deux semaines à la demande des avocats de la défense.

Comme à l'ouverture, le général Gilbert Diendéré qui purge une peine de 20 ans dans le dossier du coup d'Etat manqué de 2015 était présent dans la salle d'audience.

Thomas Sankara, père de la révolution burkinabè, a été tué en 1987 avec douze de ses compagnons dans un coup d'Etat qui avait porté son frère d'arme, Blaise Compaoré au pouvoir.

Dans ce dossier, la justice burkinabè a procédé à la mise en accusation de quatorze personnes dont le Président déchu Blaise Compaoré, qui vit en exil en Côte d'Ivoire depuis sa chute en 2014. Ces avocats ont informé qu’il sera absent du procès.

Les inculpés sont poursuivis notamment pour "crimes d’attentat à la sûreté de l’Etat, assassinat, faux en écriture publique, recel de cadavres, etc… ou complicité de ces infractions".

Douze accusés sur quatorze, dont Gilbert Diendéré ancien chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré, sont présents à ce procès dont le dossier fait près de 20 000 pages, selon la justice militaire. Les deux principaux absents sont le Président déchu Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando.

La justice a annoncé lundi, que certains témoins qui sont hors du pays pourraient être amenés à comparaitre par visio-conférence.

A l’issue de cette journée de jugement, 11 accusés ont été mis en liberté provisoire et autorisés à se présenter désormais librement au procès.

Cependant le général Gilbert Diendéré qui purge déjà une peine de 20 ans dans le dossier du Coup d’Etat manqué de 2015, reste en détention.

Le procès a pris fin aujourd'hui et reprend demain.

C'est en 2015, que le dossier de l’assassinat de Sankara, considéré comme le "Che Guevara africain", en berne sous le règne de Compaoré, a été rouvert après la chute de ce dernier par une insurrection populaire en octobre 2014.

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