Burkina Faso : le parti de Blaise Compaoré réagit au procès Sankara
- Il déplore une volonté d’"effacer l’œuvre" de Compaoré.
Burkina Faso
AA / Ouagadougou / Dramane Traoré
Le parti de l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a déclaré que ce procès Sankara était la résultante d’une volonté d’"effacer l’œuvre" de Compaoré.
"La justice burkinabé n’a pas réussi un procès juste, de vérité, réparateur et porteur d’espoir pour notre peuple. Ce procès est la conclusion d’une battue haineuse, revancharde et politicienne de trente-cinq ans qui n’honore aucun des acteurs", a indiqué le CDP dans sa déclaration publiée samedi soir.
Pour cette formation politique dont l’ancien président Compaoré qui vit en exil depuis sa chute en 2014, demeure le président d’honneur, ce procès qui débuté le 11 octobre 2021 après plusieurs années de tractation "est la résultante d’une volonté d’effacer l’œuvre et la personnalité charismatique du président Blaise Compaoré et de ses fidèles camarades (…) notamment le Général Gilbert Diendéré", également condamné à la perpétuité.
Le CDP a ajouté que "ce procès ne participe pas au processus de réconciliation nationale tant espérée par notre peuple, afin de tourner la page des douloureux évènements de son histoire et se tourner résolument vers d’autres défis".
Dans ce procès, huit autres accusés ont été condamnés à des peines allant de trois ans à vingt ans de prison tandis que trois accusés ont été acquittés.
Le CDP a expliqué qu’avec ce verdict, la réconciliation des cœurs semble définitivement enfouie dans les méandres de la "vengeance" et que la justice burkinabè "condamne notre peuple à errer permanemment sur le chemin de la recherche du pardon et d’autres voies pour réconcilier tous ses enfants".
"Le CDP exhorte toutes les filles et tous les fils du Burkina Faso, sans distinction aucune, dans un élan patriotique, à s’orienter courageusement et résolument vers les chemins de la réconciliation nationale véritable et de la refondation de notre Nation", a conclu le parti qui a géré le pouvoir d’Etat au Burkina Faso plus de 27 ans durant.
Au lendemain du verdict de ce procès, le collectif des avocats de la famille Sankara, a déclaré jeudi, lors d’une conférence de presse, qu’il comptait s’attaquer maintenant au volet international de ce dossier.
Mais avant, le 13 avril courant, le procès se penchera sur les intérêts civils.
Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara, tombait sous les balles d’un commando lors d’un coup d’Etat à l’issue duquel son ami et conseiller principal, et numéro deux du régime, le capitaine Blaise Compaoré prend le pouvoir.
La responsabilité de certaines capitales africaines et puissances occidentales dans cet assassinat, notamment la France, a plusieurs fois été évoquée, mais à ce jour, il n’existe pas de preuves d'une telle implication.
