Lassaad Ben Ahmed
15 Juillet 2021•Mise à jour: 15 Juillet 2021
AA / Ouagadougou / Dramane Traoré
L’opposition politique du Burkina Faso ne s’est pas présentée jeudi, à l’élection du président et du Vice-président de la commission électorale indépendante (Ceni), car rejetant la présence d’un chef coutumier au sein de ladite commission pour le compte de la société civile, alors qu'il est, selon elle un cadre du parti au pouvoir.
"Nous avons convoqué de manière règlementaire la séance de cet après-midi. Nous avons constaté que 9 commissaires ont répondus présents et que 6 commissaires ne sont pas venus. Nous n’avons pas voulu que l’élection se déroule, même si une majorité s’est présentée et nous avons plutôt décidé de reporter ce vote au lundi prochain à 15 heures", a déclaré à la presse le ministre en charge de l’Administration territoriale Clément Sawadogo.
La commission électorale nationale indépendante (CENI) est composée de 15 commissaires désignés par leurs organisations et nommés en Conseil des ministres.
Ils sont composés de 5 représentants des partis et formations politiques de la majorité, 5 des partis et formations politiques de l’opposition et 5 représentants des organisations de la société civile, dont un de la Communauté catholique, un de la Communauté musulmane, un de la Communauté protestante, un des autorités coutumières et un des Associations de défense des droits humains.
Le président de la CENI est voté parmi les 5 représentants de la société civile.
Depuis le 7 juillet, le gouvernement burkinabè a publié les noms des 15 représentants. Cependant, l’opposition politique estime que Bonaventure Ouédraogo, administrateur civil à la retraite et nommé pour le compte des autorités coutumières est dans les faits un cadre du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir).
"Monsieur Bonaventure Dimsongdo Ouédraogo a fait preuve d’engagement politique avéré en faveur des candidats du parti au pouvoir au cours de la récente consultation électorale. Toute chose qui créera dangereusement un déséquilibre au profit de la composante politique de la majorité", a déclaré mercredi, lors d’un point de presse, le porte-parole de l’opposition politique, Alain Zoubga.
"En ce qui nous concerne, au sein du gouvernement, nous avons considéré qu’il était important une fois de plus de donner des chances au dialogue, à la concertation, afin de préserver la paix, la quiétude, la sérénité des institutions", a souligné le ministre de l’Administration Clément Sawadogo.
Pour lui, le gouvernement montre ainsi sa forte prédisposition à encourager le dialogue entre toutes les composantes qui ont désigné des représentants au sein de la CENI.
"Je voudrais inviter une fois de plus l’ensemble des composantes à intégrer plus de flexibilité dans leur position afin que nous puissions évoluer avec un maximum de chance et de succès pour cette institution pour éviter des crises institutionnelles dont notre pays n’a pas besoin", a-t-il dit.
Le Burkina Faso doit organiser des élections municipales en mai 2022.