Afrique

Au Togo, au moins 535 prisonniers libérés seront suivis pour une réinsertion

- Alors que dans la société civile, on réclame la libération de 68 autres détenus politiques

Alphonse LOGO  | 04.01.2026 - Mıse À Jour : 04.01.2026
Au Togo, au moins 535 prisonniers libérés seront suivis pour une réinsertion

Togo

AA/Lomé/Alphonse LOGO

Au Togo, parmi les 1 511 détenus visés par la mesure de grâce et de clémence du président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé, l’Association Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus (SMPDD) affirme avoir identifié 535 personnes susceptibles de bénéficier d’un accompagnement structuré et s’engage à les accompagner.

Spécialisée dans la réinsertion des détenus qui, une fois sortis de prison, éprouvent des difficultés à se réintégrer dans la vie sociale, avec un risque de retour en détention, cette association a supervisé de bout en bout le processus depuis l’annonce faite par Faure Gnassingbé le 30 décembre 2025, lors de son discours de vœux à la nation.

Coco de Koffi Woenagnon, président de la SMPDD et lui-même ancien pensionnaire de la prison civile de Lomé, a affirmé ce vendredi, lors d’une cérémonie officielle, avoir déployé une équipe dans chacune des 14 prisons du pays afin d’identifier ces 535 détenus.

Contacté par Anadolu, il assure qu’au moins 250 d’entre eux sont issus de la prison civile de Lomé, qui souffre d’une forte surpopulation carcérale.

Le président de l’Association Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus précise que son organisation leur apportera un accompagnement ciblé, en les encourageant par exemple à « créer des activités génératrices de revenus ».

« Notre objectif est d’aider à une réelle réinsertion professionnelle, surtout afin de réduire les risques de récidive », a-t-il confié.

Quid des 68 prisonniers d’opinion encore en détention ?

Dans une déclaration à Anadolu, à la clôture de la mise en œuvre de la mesure de grâce et de clémence de Faure Gnassingbé, le deuxième porte-parole du Front « Touche pas à ma Constitution », Kao Atcholi, également président de l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO), affirme que « 75 détenus d’opinion, communément appelés prisonniers politiques, ont bénéficié de cette mesure de clémence du gouvernement togolais ».

Néanmoins, soutient-il, 68 autres détenus sont toujours en prison alors qu’ils « remplissent également les conditions qui ont permis la libération des autres ».

« Au regard du travail scientifique que nous avons mené, avec une liste à l’appui, il reste 68 personnes qui répondent, au regard du droit international, aux critères de prisonniers politiques. Nous demandons au président du Conseil d’accepter de les libérer également, au nom de l’apaisement qu’il prône », a indiqué Kao Atcholi.

Parmi eux, il cite notamment Jean-Paul Oumolou, Mme Margueritte Gnakadé, ancienne ministre de la Défense, ainsi que Kpatcha Gnassingbé, également ancien ministre de la Défense du Togo et demi-frère du président du Conseil, qui purge depuis 2009 une peine de 20 ans de prison ferme à la prison civile de Lomé pour tentative de coup d’État contre la sûreté de l’État.


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