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Au Soudan, le camp de réfugiés d’El-Affad accueille des milliers de déplacés fuyant la violence

- Au Soudan, les civils figurent parmi les principales victimes du conflit armé déclenché en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR)

Muhammed Emin Canik, Ahmed Satti  | 14.01.2026 - Mıse À Jour : 14.01.2026
Au Soudan, le camp de réfugiés d’El-Affad accueille des milliers de déplacés fuyant la violence

Sudan

AA / Soudan / Muhammed Emin Canik - Ahmed Saati

Dans le nord du Soudan, le camp de déplacés d’El-Affad, situé dans la ville d’Ad-Dabba, dans l’État du Nord, accueille des milliers de personnes déplacées originaires principalement du Darfour notamment de Fasher, capitale du Darfour-Nord ainsi que des régions du Kordofan.

Au Soudan, les civils figurent parmi les principales victimes du conflit armé déclenché en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR).

Dans la ville d’Ad-DAbba, proche de la frontière égyptienne, un abri initialement prévu l’an dernier pour 180 personnes est devenu un refuge pour des milliers de déplacés fuyant les violences.

- Le camp abrite près de 22 000 personnes

Le camp de déplacés d’El-Affad accueille plus de 4 000 familles soudanaises déplacées, soit près de 22 000 personnes, qui tentent de survivre dans des conditions précaires, où les besoins essentiels sont difficilement satisfaits.

La majorité des déplacés provient de la ville de Fasher, théâtre de massacres sanglants et de graves violations des droits humains attribuées aux FSR.

Malgré une distance dépassant les 1 000 kilomètres entre Fasher et Ad-Dabba, les déplacés parviennent au camp au terme de trajets extrêmement éprouvants.

Le camp accueille également des civils fuyant les combats toujours en cours dans les régions du Kordofan et du Darfour, laissant derrière eux leurs maisons, leurs souvenirs et parfois leurs proches.

Si les besoins de base sont partiellement couverts, de nombreuses nécessités vitales restent insatisfaites, notamment l’accès à l’éducation pour les enfants.

- « Nous avons vu là-bas des choses difficiles à décrire »

Fahrettin Muhammed Recep, Israga et-Tom et Fatma Ahmed Musa, originaires de Fasher et aujourd’hui installés dans le camp, ont raconté à Anadolu les violences subies et les épreuves endurées durant leur fuite.

Fahrettin Muhammed Recep a indiqué que les FSR ont mené de nombreuses attaques contre la ville, causant la mort de nombreux civils.

« Nous avons vu là-bas des choses difficiles à décrire. Des choses très douloureuses, mais grâce à Dieu. Ils prenaient tout ce que vous aviez de valeur. Ils ne laissaient absolument rien », a-t-il témoigné.

Israga et-Tom, originaire du quartier de Kubbe à Fasher, a expliqué que l’intensification des combats les avait contraints à se déplacer vers le quartier de Derece Oula, où son mari a été tué par la chute d’un projectile.

« Il y avait beaucoup de morts et de blessés. Les combats et les tirs étaient très intenses, nous avons dû partir. Là-bas, parfois, nous ne mangions même pas. Ici, au moins, on nous fournit un peu de nourriture. La situation actuelle est meilleure qu’avant », a-t-elle déclaré.

- « Je n’ai retrouvé aucun de mes enfants »

Fatma Ahmed Musa, originaire du quartier es-Sefa de Fasher, a raconté sa détresse :

« Je n’ai retrouvé aucun de mes enfants. J’ai six garçons et deux filles, ils sont tous portés disparus. Je ne sais pas s’ils sont morts ou vivants. J’ai fui avec les trois enfants de mon fils, grâce à l’aide de personnes bienveillantes rencontrées sur la route. »

Espérant retrouver ses enfants sains et saufs, elle a remercié les bienfaiteurs qui assurent la distribution de nourriture dans le camp.

- Le conflit au Soudan

Depuis le 15 avril 2023, le Soudan est le théâtre de violents affrontements entre l’armée et les FSR.

Ce conflit, à l’origine de l’une des pires crises humanitaires au monde, a causé la mort de dizaines de milliers de personnes et déplacé près de 13 millions de Soudanais.

Les FSR contrôlent les capitales de cinq des 18 États du pays, tandis que l’armée soudanaise maintient son emprise sur une grande partie des 13 autres États, notamment dans le sud, le nord, l’est et le centre du pays, ainsi que dans la capitale Khartoum.

Dans l’ouest du pays, la ville de Fasher , la plus grande agglomération de la région du Darfour, est passée en grande partie sous le contrôle des FSR après de violents affrontements en octobre 2025.

Des dizaines de milliers d’habitants ont fui la ville, où les FSR sont accusées d’avoir déplacé de force des civils et d’avoir tué et torturé de nombreux non-combattants, des exactions documentées dans des vidéos diffusées par des membres des FSR eux-mêmes.

*Traduit du turc par Sanaa Amir

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