Alger
AA / Alger / Aksil Ouali
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a décidé, ce jeudi, de réactiver le Traité d'amitié et de bon voisinage avec l'Espagne, suspendu depuis 2022 suite au « changement de la position espagnole concernant la question du Sahara Occidental et son soutien au plan d'autonomie proposé par le Maroc ».
La décision a été communiquée au ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Espagne, José Manuel Albares, en visite officielle à Alger. Le chef de la diplomatie espagnole a été reçu en audience au siège de la Présidence algérienne où il s'est entretenu avec le chef de l'État algérien. « Cet entretien a constitué une occasion de passer en revue l’état des relations algéro-espagnoles ainsi que les perspectives prometteuses qui s’offrent à elles. Ces relations connaissent actuellement une dynamique notable, marquée par leur consolidation et leur diversification», a indiqué un communiqué de la Présidence.
Et d'ajouter : « À cet égard, et dans le but de renforcer cette dynamique, le Président de la République a informé le ministre espagnol des Affaires étrangères de sa décision de réactiver le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération liant l’Algérie et l’Espagne depuis octobre 2002. »
Dans une déclaration à l'issue de l'audience avec le président algérien, José Manuel Albares a salué cette décision. Il a également annoncé l'accord entre les responsables des deux pays de relancer les visites officielles entre les membres des deux gouvernements. Qualifiant l’Algérie de « partenaire stratégique et ami », le chef de la diplomatie espagnole a indiqué qu'il est aussi « un fournisseur fiable en énergie pour l'Espagne ».
« Durant les trois dernières années, l’Algérie est devenue le premier fournisseur en gaz de l'Espagne », a-t-il déclaré, en se félicitant également de «la densité des échanges commerciaux entre l’Algérie et l'Espagne, dont le volume a atteint 8,5 milliards de dollars en 2025 ». Il a également rappelé la présence en Algérie de 100 entreprises espagnoles activant dans divers domaines. Le ministre espagnol a également annoncé son déplacement, demain à Oran (Ouest algérien) pour inaugurer un centre culturel espagnol dans cette ville.
L’Algérie et l'Espagne, rappelons-le, ont connu une grave crise diplomatique qui a commencé en mars 2022. Alger n'avait pas apprécié le soutien de Madrid au plan marocain pour le Sahara occidental. Le président algérien a annoncé la suspension du traité d'amitié entre les deux pays et le gel des relations commerciales entre les deux pays, à l'exception des approvisionnements de l'Espagne en gaz. Conséquence, les exportations espagnoles vers l'Algérie se sont effondrées, passant de près de 3 milliards d'euros en 2019 à 332 millions en 2023.
La brouille a duré jusqu'au mois de novembre 2024, lorsque la Banque d'Algérie a levé les restrictions bancaires sur le commerce avec l'Espagne. Les échanges ont repris en 2025 avec notamment les importations algériennes de la viande et du bétail espagnols. L’ambassadeur algérien est également retourné à Madrid à la même période. La visite du chef de la diplomatie espagnole à Alger, la première du genre depuis 2022, intervient pour acter le réchauffement entre les deux pays.
