Lassaad Ben Ahmed
07 Mars 2018•Mise à jour: 07 Mars 2018
AA / Alger / Karim Kabir
Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a estimé, mercredi, que l’espace virtuel constitue désormais un «défi sécuritaire» pour les pays arabes, dans un contexte de menace terroriste généralisée.
«Cet espace virtuel constitue un défi sécuritaire, d'autant plus qu'il représente un refuge pour les organisations terroristes et tous les réseaux criminels», a affirmé le ministre algérien de l'Intérieur Nouredine Bedoui, s'exprimant au nom du président Abdelaziz Bouteflika, à l’ouverture des travaux de la 35éme session des ministres arabes de l'Intérieur qui se tient les 7 et 8 mars à Alger.
Parce qu'invisibles, a-t-il argué, "ces organisations pratiquent la traite des personnes, d'organes et des migrants illégaux, de drogue, d'armes et d'explosifs, la falsification d'identité et de documents, outre leur rôle dans l'enrôlement de nouveaux combattants et l'établissement de liens entre les différents réseaux de combattants".
Relevant que la situation «s’est compliquée» et est devenue «plus dangereuse» avec les connexions entre le terrorisme et d’autres formes de criminalité à travers le recours aux nouvelles technologies, le président algérien a indiqué que «les mouvements terroristes et criminels s'évertuent à utiliser toute sorte de technologie intelligente pour atteindre leurs objectifs».
La propagation des technologies de l'information et de la communication «a imposé la lutte contre la cybercriminalité comme priorité pour l'Algérie qui a adopté de nouveaux instruments juridiques, techniques et opérationnels», a-t-il expliqué.
Outre ce défi, Abdelaziz Bouteflika soutient également que l’éradication du terrorisme appelle à «infirmer ses références intellectuelles» et à le « priver de son environnement social».
Tout en observant la «déconfiture» des groupes terroristes dans certaines régions arabes, en allusion à la nébuleuse Daech, Abdelaziz Bouteflika a mis en garde contre le danger des « éléments résiduels ».
«Au contraire, cette menace et ce danger ont pris de nouvelles formes dès lors que certains d'entre eux ont réussi à s'exfiltrer vers d'autres foyers de tension dans les pays arabes et intégrer des groupes criminels activant souvent sous des appellations jusque-là inconnues», at-il dit.
Face à cette situation, nous sommes appelés à œuvrer, ensemble, à adopter des résolutions fermes pour sécuriser les lignes frontalières, et à prendre des mesures sécuritaires préventives et proactives de nature à favoriser l'alerte précoce, l'échange intensif d'informations et la protection des frontières», a-t-il préconisé.
Les travaux de la 35e session du Conseil des ministres arabes de l'intérieur (CMAI) se sont ouverts mercredi à Alger avec pour principal objectif l’examen d’un nouveau plan sécuritaire arabe et médiatique pour la sensibilisation et la prévention de la criminalité.
Les travaux de la réunion se déroulent en présence des ministres arabes de l'Intérieur, des représentants de la Ligue arabe et de l'Union du Maghreb arabe, de l'Organisation internationale de police criminelle (Interpol), du bureau des Nations-Unies pour la lutte contre le terrorisme, du Projet de lutte contre le terrorisme dans la région MENA, de l'Université arabe Nayef des sciences de sécurité et de l'Union sportive arabe de la police.