Majdi Ismail
01 Juillet 2022•Mise à jour: 01 Juillet 2022
AA/Alger/Aksil Ouali
La crise diplomatique entre l’Algérie et l’Espagne ne cesse de s'exacerber. Après la suspension, depuis le 8 juin dernier, de son traité d'amitié avec Madrid, Alger a gelé effectivement ses échanges commerciaux avec la péninsule Ibérique.
« L’Algérie a gelé de façon quasi complète tous ses échanges commerciaux avec notre pays, à l'exception de l'énergie et du gaz », a affirmé le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, dans une déclaration, jeudi dernier, à une radio espagnole.
Le chef de la diplomatie espagnole a assuré, en ce sens, « qu’il défendra avec fermeté les intérêts de son pays ».
Albares a révélé « qu’à chaque fois qu’un nouveau cas d’entrave aux échanges commerciaux est enregistré, il est renvoyé directement à la Commission européenne, qui à son tour demande des éclaircissements à l’Algérie ».
Selon lui, « bien que l’Algérie ne reconnaît ces faits, le ministre espagnol du Commerce m’assure de l’existence d’un embargo commercial de la part de l’Algérie ».
« Cette affaire est entre les mains du vice-président de la Commission européenne en charge de la politique commerciale de l’UE », a-t-il soutenu, exprimant à nouveau « la volonté de son pays de normaliser ses relations avec l’Algérie par le dialogue diplomatique et l’amitié entre les peuples algérien et espagnol ».
Pour rappel, les autorités espagnoles ont réagi, le 9 juin dernier, aux décisions de leurs homologues algériennes qui avaient suspendu le traité d'amitié et de bon voisinage conclu par les deux pays en 2002.
A l’époque, José Manuel Albares avait affirmé que Madrid allait préparer une « réponse adéquate, sereine et constructive, mais ferme, pour la défense des intérêts espagnols et des entreprises espagnoles ». « Les implications et la portée pratique du gel des échanges avec l’Espagne au niveau national et européen sont en cours d’analyse », avait-il déclaré.
Pour Madrid « le gel unilatéral des échanges avec l’Espagne pourrait violer l’accord euro-méditerranéen de 2005, qui a établi un régime d’association préférentielle entre l’ancienne Communauté économique européenne et l’Algérie ».
Les relations diplomatiques entre Alger et Madrid se sont refroidies depuis le mois de mars dernier. Le soutien du gouvernement espagnol au plan d’autonomie du Sahara occidental a suscité la colère des autorités algériennes qui ont rappelé l’ambassadeur d'Algérie à Madrid. La tension est montée d’un cran, le 8 juin dernier, après que la Présidence algérienne ait décidé « de suspendre immédiatement le traité d’amitié liant les deux pays ».
Cette décision, avait justifié la même source, est intervenue en réaction « à une campagne », menée par les autorités espagnoles « tendant à justifier la position qu’elles ont adoptée sur le Sahara occidental en violation de leurs obligations juridique, morale et politique de puissance administrante du territoire qui pèsent sur le Royaume d’Espagne ».