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17 Août 2017•Mise à jour: 17 Août 2017
AA/Khartoum/Bahram Abdel Monem
Le président soudanais, Omar al-Béchir, a mis en garde contre la possibilité de l’effondrement du barrage de la Renaissance en Ethiopie, qui constituerait, selon lui, une catastrophe au Soudan.
Lors d’une conférence de presse conjointe, tenue à Khartoum jeudi, avec le Premier ministre éthiopien Haile Mariam Dessalegn, al-Béchir a indiqué que « les questions qui concernent le Soudan, quant au barrage de la Renaissance, se présentent en trois points principaux qui sont : la sécurité du barrage, l’heure de remplissage du lac (derrière le barrage) et le programme de son fonctionnement ».
Il a souligné que le barrage de la Renaissance, s’il s’effondre, constituera une catastrophe au Soudan, et que les heures de remplissage du lac devraient obéir à des horaires fixes, pour éviter que les structures soudanaises d’irrigation soient affectées, ajoutant que le programme de fonctionnement du barrage est lié au fonctionnement des barrages sur les terres soudanaises.
Al-Béchir a considéré que ces craintes sont dépassées après qu’Addis-Abeba ait rassuré Khartoum à travers des modifications profondes au niveau du corps du barrage.
Il a poursuivi que « le corps du barrage ne sera pas affecté ni exposé à l’effondrement et qu’aucun problème de fuite d’eaux incontrôlable ne surviendra ».
« Nous tenons à l’accord de 1959 ayant départagé les eaux du Nil entre l’Egypte et le Soudan, et la part de l’Egypte des eaux du Nil ne sera pas touchée par la construction du barrage de la Renaissance », ajoute le président soudanais.
Le Caire craint que la construction du barrage par l’Ethiopie au niveau du Nil affecte la part de l’Egypte dans les eaux du fleuve, s’élevant à 55.5 milliards de mètres cubes par an.
De son côté, Addis-Abeba assure que ce barrage apportera des bénéfices, notamment dans le secteur de la production d’électricité, sans porter atteinte à l’Egypte et au Soudan.
La tension remonte entre
Les deux pays voisins, l’Egypte et le Soudan, connaissent des tensions sporadiques, à cause de certains différends, notamment au sujet de la position de Khartoum soutenant la construction du barrage éthiopien et le conflit sur le triangle frontalier de Hala’ib.
Le président soudanais a ajouté que les trois pays (Egypte, Soudan et Ethiopie) attendent les études d’experts pour déterminer les effets économiques, sociaux et environnementaux du barrage de la Renaissance.