Afrique

Afrique du Sud : l'ancien président Jacob Zuma condamné à 15 mois de prison pour outrage à la Cour

- La décision de la plus haute juridiction du pays est la première à condamner un ancien président sud-africain à une peine de prison

Ekip   | 29.06.2021
Afrique du Sud : l'ancien président Jacob Zuma condamné à 15 mois de prison pour outrage à la Cour

Johannesburg

AA / Johannesburg / Hassan Isilow

Dans un arrêt sans précédent, la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud a condamné, mardi, l'ancien président Jacob Zuma à 15 mois de prison pour outrage à la Cour.

Zuma, 78 ans, a été reconnu coupable d'avoir, à plusieurs reprises, "délibérément" refusé de se présenter devant une commission judiciaire chargée d'enquêter sur la corruption durant les presque dix ans de pouvoir de Zuma.

"La Cour constitutionnelle estime qu'il ne fait aucun doute que M. Zuma est coupable d'outrage à la cour", a déclaré la juge Sisi Khampepe dans sa décision, la première à condamner un ancien président à une peine de prison.

La Cour constitutionnelle est la plus haute juridiction du pays et ses décisions ne sont pas susceptibles d'appel.

La Commission de lutte contre la corruption d'État, dirigée par le magistrat Raymond Zondo, a déposé une requête contre Jacob Zuma il y a environ quatre mois, l'accusant d'avoir refusé de se présenter devant elle à plusieurs reprises malgré une ordonnance de la Cour exigeant sa présence.

La Cour a ordonné à l'ancien président de se présenter au poste de police de Nkandla, près de son domicile, ou au poste de police central de Johannesburg dans les cinq jours.

Khampepe a déclaré que si Zuma ne se rendait pas, alors le ministre de la police ou le commissaire national de la police devrait prendre les mesures nécessaires pour s'assurer qu'il soit placé dans un établissement correctionnel.

La Commission de lutte contre la corruption d'État a été créée en 2018, peu de temps avant que Zuma ne démissionne sous la pression de son propre parti, le Congrès national africain (ANC), à la suite de multiples accusations de corruption.

Zuma a accusé le chef de la commission, Zondo, d'être partial et lui a demandé de se récuser, affirmant qu'il ne se présenterait pas devant lui.


*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.