Afrique

Éthiopie : le souhait de Mohammed, une goutte d’eau

- Mohammed Outban un éthiopien qui vit dans la région d’Afar, connue pour son climat aride, prie pour qu’il pleuve et que les terres asséchées reprennent vie.

Tufan Aktaş  | 23.05.2018 - Mıse À Jour : 23.05.2018
Éthiopie : le souhait de Mohammed, une goutte d’eau

Afar

AA - Afar/Éthiopie


Le peuple éthiopien nomade, installé dans la région d’Afar, au Nord-Est de l’Ethiopie, connue pour être l’une des régions les plus arides de l’Afrique, traverse des jours difficiles en raison des fortes sécheresses observées ces dernières années.


Les habitants nomades de la région vivent dans des tentes traditionnelles conçues par les femmes à partir de fines branches.


Leur principal moyen de subsistance est le bétail ce qui oblige ces bergers nomades a voyager au moins deux fois par an afin de rejoindre les points d’eau.


Dès qu’ils apprennent que la pluie est tombée à un quelconque endroit dans la région, les bergers qui font tout leur possible afin d’éviter que les animaux périssent, prennent leurs tentes et leurs animaux et s’en vont pour trouver de l’eau.


Les bergers, qui passent ce mois de Ramadan avec leurs maigres ressources alimentaires gardent, malgré tout, espoir en l'avenir.


- Vers une vie non-nomade


Certains des bergers qui ne sont plus capables d’atteindre les zones où se trouvent des points d’eau et des prairies adéquates pour l’élevage, vendent leurs bétails ou en confèrent la garde afin de s’installer définitivement et adopter un mode de vie sédentaire.


Parmi eux, Mohammed Outban, vit dans une tente de quatre m2 en compagnie de sa femme et de ses huit enfants.


Habitant le centre politique et administratif de la région d’Afar, Semera, Outban âgé de 35 ans a quitté sa profession de berger pour s’installer définitivement.


Travaillant douze heures par jour comme agent de sécurité dans une agence gouvernementale, Outban tente de subvenir aux besoins de sa famille avec 1 800 Birr (environ 55 euros) par mois.


Il espère un jour pouvoir vivre dans une maison dotée de l’électricité et dans laquelle de l’eau s’écoulerait des robinets.


Dans une interview accordée à Anadolu (AA), Outban a confié avoir laissé la garde de son bétail à son frère et s’être installé à Semera.


Notant que l'argent qu'il gagne est loin de suffire aux dépenses du foyer, Outban a confié qu’il reçoit de l’aide de la part de ses proches et de ses voisins.


Il a ajouté que la plupart des habitants vivent grâce aux aides.


- Rupture du jeûne avec des dattes et de la soupe


Indiquant que quatre de ses enfants vont à l’école, Outban a fait savoir que les quatre autres accompagnent leur oncle afin de l’aider dans la garde des animaux.


Il a également ajouté qu’il passe le mois de Ramadan à lire le Saint Coran, prier et travailler.


"Pendant le Ramadan, je demande à Allah qu’il m’accorde le paradis. Je prie pour qu’il nous accorde la pluie", a-t-il raconté.


La famille Outban, qui rompt le jeûne avec quelques dattes et des bols de soupe, n'a pas le luxe d’orner sa table de viande quand bien même ils sont propriétaires de bétail.

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