Politique, Afrique

Élections à suivre en Afrique subsaharienne en 2026

- Les pays d’Afrique subsaharienne se préparent pour les élections de 2026, les électeurs devant choisir des présidents, des parlements et des responsables locaux à travers la région

Mevlüt Özkan  | 15.01.2026 - Mıse À Jour : 15.01.2026
Élections à suivre en Afrique subsaharienne en 2026

Istanbul

AA/Istanbul/Mevlut Ozkan

Avec les élections déjà en cours dans certaines parties de l’Afrique subsaharienne, la région s’affirme comme un terrain d’essai précoce dans ce qui s’annonce comme une année électorale très surveillée.

Dans les mois à venir, une vague de scrutins traversera le continent, plusieurs pays étant appelés à choisir de nouveaux législateurs et dirigeants dans un contexte de pressions politiques et économiques accrues.

- Ouganda

L’Ouganda tient des élections générales jeudi pour élire un président et les membres du parlement.

Le président Yoweri Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis 1986, brigue un septième mandat sous la bannière du Mouvement de Résistance Nationale et est confronté à sept candidats, dont le chef de l’opposition Robert Kyagulanyi, connu sous le nom de Bobi Wine, arrivé deuxième lors de l’élection de 2021.

La Commission électorale a enregistré environ 21,6 millions d’électeurs, contre 18,1 millions en 2021, et les autorités affirment que des mesures de sécurité sont en place dans une période de campagne marquée par des restrictions sur les rassemblements et la couverture médiatique, dans une élection suivie de près à travers la région.

- République du Congo

La République du Congo doit organiser une élection présidentielle le 22 mars pour élire un chef d’État pour un mandat de cinq ans selon un système à deux tours, un second tour étant prévu si aucun candidat ne remporte la majorité absolue.

Le président sortant Denis Sassou Nguesso, 82 ans, au pouvoir depuis 1997, a été investi par le Congrès du Parti congolais du travail en décembre dernier.

Les partis d’opposition, dont l’Alliance pour l’alternance démocratique en 2026, commencent à présenter leurs candidats, dans un contexte qui suit l’élection de 2021, qui avait enregistré 2,6 millions d’électeurs inscrits et un taux de participation d’environ 67 %.

- Bénin

Le Bénin, pays d’Afrique de l’Ouest, organisera sa présidentielle le 12 avril, avec un second tour prévu le 10 mai si aucun ticket n’obtient la majorité absolue.

Environ 6,6 millions d’électeurs sont inscrits. Le système électoral impose à tous les candidats à la présidence de se présenter avec un colistier et de remplir des seuils minimums de parrainage.

Le président sortant Patrice Talon ne se représente pas. La commission électorale et la Cour constitutionnelle ont validé deux tickets.

Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances, se présente avec Mariam Chabi Talata pour le compte de la coalition Union progressiste pour le renouveau et Bloc républicain. Paul Hounkpe se présente avec Rock Judicael Hounwanou pour les Forces Cauris pour un Bénin émergent.

D’autres candidatures potentielles, notamment de Les Démocrates, ont été rejetées pour des raisons de procédure ou de parrainages insuffisants.

- Éthiopie

L’Éthiopie doit organiser des élections générales le 1er juin pour élire les membres de la chambre basse du Parlement.

Ce scrutin permettra de pourvoir 473 des 547 sièges de la chambre, les membres étant élus pour un mandat de cinq ans selon un système majoritaire uninominal à un tour dans chaque circonscription. Le Premier ministre est choisi parmi le parti ou la coalition disposant de la majorité à la Chambre.

Le vote intervient après les élections reportées de 2021, organisées dans le contexte du conflit au Tigré, et constitue le premier ajustement de la durée des mandats depuis l’instauration du fédéralisme en 1995.

Le Premier ministre sortant, Abiy Ahmed, en fonction depuis 2018, dirige le Parti de la prospérité, qui détient quasiment tous les sièges au Parlement.

Le scrutin se déroule dans un contexte de défis sécuritaires persistants, notamment les séquelles de la guerre du Tigré (2020-2022) et la violence récurrente dans les régions d’Oromia et d’Amhara, dans un pays de quelque 130 millions d’habitants gouverné selon un fédéralisme ethnique.

- Zambie

La Zambie, pays d’Afrique australe, organisera des élections générales le 13 août pour élire le président, les membres de l’Assemblée nationale et les responsables locaux.

Le président est choisi selon un système à deux tours, un second tour étant organisé si aucun candidat n’obtient la majorité absolue.

L’Assemblée nationale compte 167 sièges, dont 156 sont élus directement dans des circonscriptions uninominales.

Le président sortant, Hakainde Hichilema, du Parti uni pour le développement national, en poste depuis 2021 après avoir battu Edgar Lungu, brigue sa réélection.

Parmi les challengers potentiels figure Fred M’mbembe, du Parti socialiste, candidat sous l’alliance People’s Pact.

Le pays compte plus de 7 millions d’électeurs inscrits, et ces élections font suite à celles de 2021, largement considérées comme pacifiques et crédibles.

- Gambie

La Gambie, pays d’Afrique de l’Ouest, tiendra une élection présidentielle le 5 décembre pour un mandat de cinq ans. Le scrutin se déroule au suffrage uninominal majoritaire à un tour, le candidat ayant obtenu le plus de voix étant déclaré vainqueur.

Le président sortant, Adama Barrow, en fonction depuis 2017 après avoir battu l’ancien dirigeant Yahya Jammeh, brigue un troisième mandat sous la bannière du Parti national du peuple.

Sa candidature a suscité des critiques après l’échec d’un projet de constitution en 2020, qui aurait imposé des limites de mandats, incluant une clause rétroactive controversée sur deux mandats.

Les élections gambiennes utilisent un système original de vote par billes, dans lequel les électeurs déposent une bille dans un tambour coloré et scellé correspondant au candidat choisi.

- Soudan du Sud

Pour ses premières élections générales depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud devrait voter le 22 décembre pour élire le président et les membres de l’Assemblée législative nationale.

Le président sera choisi selon un système à deux tours, nécessitant une majorité absolue, tandis que 102 sièges de l’assemblée seront élus dans des circonscriptions géographiques basées sur les limites de 2010.

Le scrutin intervient après plusieurs reports depuis l’objectif initial de 2015, causés par la guerre civile, les problèmes de sécurité, des contraintes financières et des prérequis non achevés tels qu’une constitution permanente et un recensement.

Le gouvernement de transition a prolongé son mandat jusqu’en février 2027, et en décembre dernier, les partis politiques ont accepté de tenir les élections malgré des réformes inachevées.

Le président sortant, Salva Kiir Mayardit, en poste depuis l’indépendance, devrait briguer un nouveau mandat, dans un climat de tensions avec le vice-président suspendu Riek Machar et de critiques de la part des groupes d’opposition.

- Autres élections prévues, dates encore incertaines

Plusieurs autres pays de la région préparent également des élections cette année, bien que les dates exactes ne soient pas encore confirmées.

- Cap-Vert : élections parlementaires attendues en avril pour renouveler les 72 sièges de l’Assemblée nationale, suivies d’une présidentielle en octobre. Le Mouvement pour la démocratie détient actuellement une majorité parlementaire étroite, tandis que le chef de l’opposition Jose Maria Neves est éligible pour se représenter.

- Djibouti : élection présidentielle prévue d’ici avril, le président sortant Ismail Omar Guelleh, 77 ans, briguant un sixième mandat après une modification constitutionnelle supprimant la limite d’âge. L’espace pour l’opposition reste limité, et l’ancien conseiller Alexis Mohamed a annoncé sa candidature.

- Sao Tomé-et-Principe : élections présidentielles prévues d’ici juillet et élections parlementaires en septembre pour renouveler l’Assemblée nationale de 55 sièges. Les tensions politiques persistent après le renvoi du Premier ministre Patrice Trovoada par le président Carlos Vila Nova l’an dernier.

- Cameroun : élections parlementaires attendues d’ici mai, après un report d’un an suite à la réélection du président Paul Biya en octobre dernier. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais détient une majorité dominante, malgré les critiques des partis d’opposition concernant les retards.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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