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Liban: les banques se défendent de toute responsabilité dans la dévaluation de la monnaie locale

- L'Association des banques du Liban a estimé que le contrôle de la hausse du dollar sur le marché noir dépendait des développements de la situation politique dans le pays.

Malek Jomni   | 03.03.2021
Liban: les banques se défendent de toute responsabilité dans la dévaluation de la monnaie locale

Beyrut

AA/ Beyrouth

L'Association des banques du Liban (ABL) s'est défendue de toute responsabilité dans la dépréciation sans précédent du taux de change de la livre libanaise face à la hausse du dollar.

L'ABL a déclaré, dans un communiqué rendu public mercredi, qu'elle rejette totalement tout ce qui avait été relayé dernièrement quant au rôle des banques dans la hausse du taux de change du dollar sur le marché noir.

Le président libanais, Michel Aoun, a ordonné, mercredi, l'ouverture d'une enquête sur les causes de l'effondrement de la monnaie locale, alors que le taux de change du dollar atteignait 10,05 mille livres depuis mardi, pour la première fois dans l'histoire du pays.

Plusieurs villes ont été le théâtre, mardi, de manifestations en raison de la détérioration de la monnaie et de l'état de confusion que vivent les banques depuis le 28 février, date limite pour la levée des capitaux.

L'ABL a estimé que le contrôle de la hausse du dollar sur le marché noir dépendait des développements politiques et de l'adoption de politiques inclusives de la part des différentes autorités pouvant maitriser les déficits financiers extérieurs du Liban.

Elle a également attribué les raisons de la hausse du dollar sur le marché noir, au flou politique que vit le pays à la lumière des rivalités et des tensions entre les parties libanaises, dans l'absence totale de tout effort sérieux et concret visant à former le gouvernement, sept mois après la démission du gouvernement précédent.

Selon l'ABL, la faute est également à l'importation non appuyée par la Banque centrale, dont la valeur est estimée à au moins 5 milliards de dollars par an.

"C'est la raison pour laquelle les importateurs recourent au marché noir afin d'obtenir les dollars requis en espèces", a-t-elle ajouté.

Elle a imputé la responsabilité de la pénurie des dollars sur le marché à la baisse importante des flux entrants, ce qui a conduit à un déficit record au niveau de la balance des paiements estimé à 10,5 milliards de dollars en 2020.

*Traduit de l'arabe par Malèk Jomni.

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