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Les métaux précieux et les céréales en tête dans un marché des matières premières contrasté en février

- Les tensions géopolitiques et les aléas climatiques ont provoqué des évolutions contrastées des matières premières en février, les métaux précieux et les céréales ressortant en tête

Burhan Sansarlıoğlu  | 03.03.2026 - Mıse À Jour : 03.03.2026
Les métaux précieux et les céréales en tête dans un marché des matières premières contrasté en février

Istanbul

AA / Istanbul / Burhan Sansarlioglu

Les conflits mondiaux et la recherche de valeurs refuges ont soutenu les prix des métaux précieux, de l’énergie et des céréales, tandis que les incertitudes liées à l’économie chinoise et les excédents agricoles ont pesé sur les métaux de base et les matières premières dites « soft » telles que le cacao, le café et le sucre, le riz évoluant à contre-courant des autres céréales.

Les métaux précieux ont progressé le mois dernier, portés par les tensions entre les États-Unis et l’Iran, l’annulation par la Cour suprême des États-Unis des droits de douane instaurés par le président Donald Trump, et le recul du rendement des obligations américaines à dix ans.

L’or a gagné 8,9 % pour clôturer février à 5.280 dollars l’once, enregistrant ainsi une septième hausse mensuelle consécutive, une première en 53 ans.

Les investisseurs se sont tournés vers cette valeur refuge dans un contexte de tensions géopolitiques, d’évolution de la politique commerciale américaine et d’inquiétudes persistantes concernant une possible surévaluation des actions technologiques et liées à l’intelligence artificielle. La fin des congés du Nouvel An chinois a également contribué à la hausse du métal jaune.

Les résultats financiers du fabricant de semi-conducteurs Nvidia ont par ailleurs affaibli la demande de dollar américain et soutenu l’or, dans un climat d’appétit accru pour le risque.

L’argent a bondi de 12,6 %, bénéficiant de son attrait de valeur refuge et de la baisse des stocks sur le marché à terme COMEX.

Le platine a progressé de 8,5 %, soutenu par des contraintes d’approvisionnement et par son utilisation importante dans la production d’énergie à hydrogène, ainsi que par une demande en hausse dans la joaillerie et l’industrie, tandis que le palladium a gagné 4,2 %.

Les métaux de base ont évolué de manière contrastée en raison de faibles volumes d’échanges pendant le Nouvel An chinois. Le cuivre a augmenté de 1,1 %, porté par la demande structurelle liée aux énergies renouvelables et aux centres de données, ainsi que par la décision de l’Indonésie de réduire les quotas de production de sa plus grande mine.

Dans le même temps, le nickel a gagné 0,8 %, tandis que le plomb et le zinc ont reculé respectivement de 1,8 % et 2,2 %, l’aluminium restant stable.

En février, le pétrole Brent a progressé de 4,8 % dans un contexte de risques géopolitiques accrus liés aux tensions entre les États-Unis et l’Iran ainsi qu’à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, auxquels se sont ajoutés des stocks inférieurs aux attentes dans les pays de l’OCDE. Le gaz naturel a en revanche chuté de 22,4 % sur le New York Mercantile Exchange, en raison d’anticipations d’une demande hivernale plus faible.

Les céréales ont progressé sous l’effet des conditions météorologiques et de solides exportations.

Le soja a bondi de 10 %, la hausse des prix du pétrole brut stimulant la demande d’huile de soja en tant que matière première pour les biocarburants, alors que l’Agence américaine de protection de l’environnement devrait soumettre à la Maison-Blanche une proposition fixant de nouveaux volumes d’incorporation de biocarburants.

Le blé a grimpé de 9,9 %, les températures glaciales aux États-Unis menaçant la production et les exportations dépassant les attentes.

Le maïs a augmenté de 4,7 %, soutenu par de fortes exportations américaines et des anticipations de baisse des superficies semées ce printemps, tandis que des prévisions de récolte en recul en Afrique du Sud pour 2026 ont également contribué à la hausse.

Le riz a reculé de 5,8 % sur fond de révision à la hausse des estimations de production mondiale.

Dans le même temps, les matières premières « soft » ont subi de fortes pertes, en raison d’excédents d’offre saturant les marchés.

Le cacao a chuté de 30,7 % par tonne, tandis que le café a perdu 15,5 % par livre, dans la perspective d’une récolte record attendue au Brésil, dissipant les craintes antérieures liées à l’offre. Le sucre a baissé de 2,2 %, à 1,334 dollar la livre — son plus bas niveau depuis octobre 2020, en raison d’une demande en recul et de stocks en hausse chez des producteurs tels que la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Le coton a évolué à contre-courant des autres matières premières « soft », enregistrant une hausse de 3,5 %.

* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy

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