Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé ce mardi la responsabilité de son gouvernement en recourant à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter la partie « recettes » du projet de loi de finances, estimant que le texte « n’est plus votable » et que « la France doit avoir un budget ».
Dans la foulée, La France insoumise (LFI) a déposé une motion de censure « en commun » avec les groupes écologiste et communiste, a indiqué le coordinateur national Manuel Bompard.
La cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a affirmé que cette motion visait à « faire tomber le gouvernement Lecornu et un budget cruel », déplorant l’absence de censure annoncée par les socialistes. Les écologistes s’y associeront, a confirmé la présidente de leur groupe Cyrielle Chatelain.
Par ailleurs, le président de l’Union des Droites Éric Ciotti a annoncé le dépôt d’une motion de censure avec ses alliés du Rassemblement national, appelant les Républicains à « renverser ce gouvernement socialiste ». Le RN accuse de son côté l’exécutif de « mentir » et d’« affaiblir » le pays, appelant à la stabilité.
La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a dit « déplorer » le recours au 49.3, estimant que « c’est la démocratie qui perd », tout en appelant les députés à ne pas voter les motions de censure au nom de la nécessité d’un budget. Elle a jugé que la séquence parlementaire n’avait « satisfait personne ».
Chez Les Républicains, Laurent Wauquiez a qualifié le projet de budget de « très imparfait », appelant à clarifier la question des économies dans la seconde partie du texte.
Les deux motions de censure, portées par LFI et le RN, seront examinées vendredi à partir de 9 heures, a précisé l’entourage de la présidente de l’Assemblée nationale.
En parallèle, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a salué la réduction du déficit public projetée à 5 % du PIB, évoquant « une bonne nouvelle », tout en appelant à la poursuite de l’effort les années suivantes.
