Mehmet Sıddık Kaya
15 Novembre 2017•Mise à jour: 16 Novembre 2017
AA / Diyarbakır (Turquie) /Şüheda Dinç
Veysi Yildirim (27ans), habitant de Diyarbakır, parcourt chaque jour, une dizaine de kilomètres, en fauteuil roulant, pour vendre des roses afin de subvenir aux besoins de sa famille.
Comme tous les matins depuis douze années désormais, Yildirim, né sans jambes, se rend, chez le grossiste, dès l’aube, pour acheter un lot de fleurs.
Le jeune homme prend ensuite place à Yaşar Kemal Caddesi, la rue principale du quartier de Yenişehir afin de vendre ses fleurs sous le slogan "roses pour ceux qui les aiment et même ceux qui ne les aiment pas".
Il travaille, sans relâche, durant toutes les saisons dans le but de subvenir aux besoins de sa famille constituant ainsi un exemple de détermination. Aujourd'hui, raconte-t-il à Anadolu, son plus grand rêve est d'ouvrir sa propre boutique de fleurs et d'employer des handicapés.
- « Je ne dépends de personne »
"Mes parents m'ont toujours encouragé, et désormais c'est à mon tour de les soutenir" explique le jeune homme issu d'une famille nombreuse.
Yildirim vend, dit-il, entre 10 à 15 fleurs par jour à ses concitoyens mais aussi à ses amis qui l'encouragent à réaliser son rêve d'ouvrir sa propre boutique, qui lui permettra d'être indépendant et de répondre aux besoins de sa famille.
- « Mes fleurs réparent les cœurs brisés »
Le jeune vendeur rappelle que chaque rose a une signification. Il se dit "heureux et fier de vendre des fleurs" qui ont autant de valeur. Les roses, confie-t-il, permettent aux gens de demander pardon après une dispute et de "réparer les cœurs brisés".
- « J'admire sa volonté de combattre l’existant »
Selahattin Gültekin, grossiste depuis cinq ans, et fournisseur d'Yildirim rencontré par Anadolu, explique que la détermination dont fait preuve le jeune vendeur, doit servir d'exemple aux jeunes et aux handicapés.
"Nous l'apprécions énormément. Il mène de front un combat que beaucoup de personnes sont incapables de mener. Nous reprenons courage lorsque nous voyons à quel point il s'accroche à la vie et ce malgré son handicap", partage Gültekin admiratif.
Redife Bingöl, étudiante en Sciences sociales à l’Université Dicle de Diyarbakır, rencontre régulièrement Yildirim et lui achète occasionnellement des roses. Elle aussi se dit admirative face à ce vendeur qui tente, par des moyens modestes, d'aider sa famille.
"L'argent qu'il gagne est mérité et halal (licite selon la religion musulmane). Yildirim représente un exemple à suivre et une success story à partager" relève l'étudiante.