AA - Ankara
Le Parti démocratique des peuples (HDP - Turquie) a mis ses 80 députés élus à la disposition de l'organisation terroriste PKK, selon Mehmet Sahin, le vice-président de l'Institut de réflexion stratégique turc (SDE).
Interviewé par l'Agence Anadolu, Mehmet Sahin a analysé l'approche du HDP et les actes terroristes commis par le PKK ces derniers mois.
"Certains électeurs kurdes ont voté [lors des élections législatives du 7 juin] pour le HDP en pensant que si ce parti est renforcé, ils seront sauvés de la pression exercée par le PKK. Alors qu'on s'attendait à ce que le PKK devienne le HDP, le contraire s'est réalisé, c'est le HDP a mis ses 80 députés à la disposition du PKK."
"Nous faisons face à une structure terroriste énorme, selon Sahin. Cette structure n'est pas composée uniquement du PKK, du HDP, ou de l'unité entre les deux. Le prolongement politique du PKK, à savoir le HDP, est actif à travers toute la Turquie. Lorsqu'on examine la région, on constate que les mairies sont aux mains du Parti des régions démocratiques (DBP). Le DBP laisse de côté le HDP et ne permet aucune autre organisation politique kurde dans la région. En Syrie, la branche politique [du PKK] est le Parti de l'Union Démocratique (PYD), et la branche armée est le YPG (unités de protection du peuple). Donc nous avons PKK-HDP et PYD-YPG. Nous observons des structures similaires en Irak et en Iran. C'est ce que j'appelle une grande organisation terroriste. Ils ont créé une structure capable de mener des activités dans toutes les régions et dans tous les Etats." a expliqué Mehmet Sahin.
- Processus de résolution
"Ce n'était ni le gouvernement ni le président de la République qui avaient mis fin au processus de résolution", a déclaré l'expert, ajoutant: "Après avoir remarqué qu'il est insensé de poursuivre le processus, puisqu'il partait dans le mauvais sens, le président avait déclaré qu'il fallait le poursuivre d'une façon différente, car il n'y avait plus de solution."
Le processus de résolution a été lancé au début de l'année 2013, par un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement turc et le mouvement PKK, classé "organisation terroriste". Le gouvernement a promis des réformes démocratiques pour renforcer les droits de la population kurde.
Pour Mehmet Sahin "c'est désormais une question de territoire: Si on veut bloquer le fonctionnement de la structure politique en Turquie, on le fait à travers le HDP. Si on veut entraîner la Turquie dans un conflit, on le fait à travers le PKK."