AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le projet intitulé «Soutien de l’Union européenne à la Turquie dans la crise syrienne» a été lancé, lundi, à Ankara, en présence de la vice-Présidente de la Délégation pour la Turquie de l’UE, Bela Szombati.
Le projet piloté par l’Union européenne et soutenu par le Programme Alimentaire des Nations Unies (PAM) et l’UNICEF vise à fournir un soutien alimentaire et une aide en matière d’éducation aux réfugiés syriens accueillis en Turquie.
«La Turquie a offert le statut de réfugiés temporaires à plus de deux millions de Syriens et a dépensé plus de six milliards de dollars pour leurs besoins dans les domaines de l’hébergement, de la santé, de l’éducation et de l’emploi» a déclaré le représentante de l'UE, ajoutant : «La Turquie assure une grande partie du coût de la crise, elle est le pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés dans le monde. Nous remercions la Turquie pour tous ses efforts.»
Szombati a annoncé que l’UE allait agir davantage pour soutenir la Turquie et les pays de la région alors que la crise s’intensifie. Un fond de 4 milliards d’euros a été débloqué pour aider les pays concernés, notamment la Turquie.
«Ce projet se concentrera tout particulièrement sur les questions éducatives et de sécurité alimentaire, a-t-elle poursuivi. Le premier projet avec le ministère turc de l’Education Nationale, d’un montant de 12,5 millions d’euros, proposera un soutien psycho-social aux enfants syriens dans leur apprentissage. Le second projet mené avec le Croissant Rouge turc et l’AFAD, d’un montant de 5 millions d’euros, permettra d’apporter une aide alimentaire à 41 000 réfugiés installés dans trois différents camps.»
Selon la Présidente de la Coopération Financière de la Délégation de l’UE pour la Turquie, Simona Gatti, ce projet démontre l’intérêt de l’Europe pour les efforts de la Turquie.
Pour le Directeur Général du Croissant Rouge turc, Mehmet Gulluoglu, la crise qui, était locale au départ, a pris avec le temps une dimension mondiale.
«LaTurquie a de grandes ressemblances culturelles avec la Syrie, a-t-il dit. Nos villes frontalières avec la Syrie ressemblent beaucoup à celles de notre voisin du sud. C’est un atout pour le monde.»
Selon une étude réalisée dans plusieurs camps en Turquie, 78% des réfugiés syriens préfèrent rester en Turquie même si d’autres pays acceptent de les accueillir.
Tout en remerciant la Turquie pour sa coopération qui a permis d’apporter une aide alimentaire de 1,6 million de tonnes, dépensant pour cela 17 millions d’euros, le représentant du PAM en Turquie, Jean-Yves Lequime a déclaré, de son côté, qu'à cause de difficultés de financement, le PAM a été obligé de réduire le nombre de camps auquels il apporte du soutien.
Lequime a tenu à faire part de son expérience lors de la visite d’un camp à Kahramanmaras, où, avait-il dit, il été impressionné par la qualité de l’enseignement proposé aux enfants syriens.
«Protéger une génération d’enfants syriens ici, revient à sauver toute une génération de la mort, a estimé le représentant pour la Turquie de l’UNICEF, Philippe Duamelle. Sans cela, ce n’est pas seulement la Syrie mais toute la région qui aurait fait face à un avenir dévastateur. Nous avons tous une responsabilité morale à assumer. La crise syrienne ne se terminera pas dans les prochains jours. Nous ne devons pas laisser la Turquie seule face à ce défi. 660 000 enfants syriens sont en âge d’aller à l’école ici, mais 300 000 n’y vont pas. Il faut augmenter les possibilités de scolarisation. Nous sommes désireux de renforcer et de développer notre coopération avec les autorités et les agences turques.»
Le responsable du Département d’Intervention de l’AFAD, Fatih Ozer, s’est plaint du manque de visibilité des efforts entrepris par la Turquie dans l’accueil des réfugiés dans les médias européens et occidentaux, avant de remercier l’UE pour son soutien.
Le vice-Sous-secrétaire d’Etat du ministère de l’Education Nationale, Yusuf Buyuk, a indiqué que ce type de projet cherche à renforcer et développer la coopération internationale dans le but de servir encore mieux les réfugiés.