AA - Ankara - Nur Gülsoy
Une main discrète donne des ordres en Pennsylvanie tout comme au chef de l'opposition turque, Kemal Kilicdaroglu, selon le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
Le chef du gouvernement turc s'est exprimé devant le groupe de son Parti pour la Justice et le Développement (AKP), mardi au Parlement.
Ahmet Davutoglu s'est adressé au chef du Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kilicdaroglu: "Nous demanderons une justification dès que tu appelles le peuple à résister [contre la réforme de sécurité intérieure] et que tu reçois cet ordre non depuis la Turquie mais de Pennsylvanie. L'ordre [public] n'a pas été facilement établi dans ce pays. Kilicdaroglu s'exprime au Parlement, en même temps, le chef de l'organisation parallèle rédige un article pour New York Times. Comparez le discours de Kilicdaroglu et l'article en question, on dirait une traduction. Car une main discrète leur donne le même ordre."
Kemal Kilicdaroglu s'était opposé à l'ensemble des lois pour une réforme de sécurité intérieure, et avait récemment annoncé y résister avec tous les autres partis de l'opposition.
Par ailleurs, un article rédigé par le prédicateur Fethullah Gulen, en exil volontaire aux Etats-Unis, avait été publié par le quotidien américain New York Times.
Le gouvernement actuel qualifie un réseau de bureaucrates et de hauts responsables turcs, proches de la personnalité religieuse Fethullah Gulen, "d'organisation parallèle", qui œuvrerait à saper les fondements du gouvernement, en s'ancrant de manière méthodique dans les arcanes de l'Etat, en particulier avec l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre 2013, impliquant quatre anciens ministres, révélée par des bandes d'écoute acquises illégalement.
Dans son discours, le Premier ministre a aussi abordé la réforme de sécurité intérieure, dont les débâts parlementaires ont été reportés d'une semaine.
"Que personne ne pense que la réforme est abandonnée ou reportée dans le temps, a-t-il dit. Elle sera adoptée, adoptée, adoptée. Nous offrons aux partis, l'occasion de réfléchir durant cette semaine. Que chacun d'entre eux fasse son calcul. Que Kemal Kilicdaroglu réfléchisse sur les travaux parallèles qu'il a réalisés avec la Pennsylvanie. Nous ne cherchons pas à imposer quelque chose, nous sommes ouverts à tout dialogue et négociation, mais jamais à la crise et au chaos. En outre, si tu [Kemal Kilicdaroglu] es le président d'un parti politique démocratique, appelle le peuple aux urnes plutôt qu'à la résistance. Nous serons aux urnes trois mois plus tard."