AA/ Bangui/ Constantin Ngoutendji/Sylvestre Krock
Les forces internationales ont attaqué, mardi, les positions des ex-Séléka installés dans des locaux administratifs à Bria, dans le nord-est de la Centrafrique, a appris Anadolu auprès de la force onusienne Minusca et de sources locales.
Aucun bilan officiel de perte en vie humaine n’a pu être obtenu jusqu’à 14h15 GMT, mais des sources hospitalières jointes par Anadolu parlent d’au moins quatre blessés tandis qu’un porte-parole de la Seleka a indiqué avoir eu connaissance de «corps de civils et de combattants déposés à la Mosquée de la ville».
« Dans le cadre de sa contribution à la restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national et conformément au mandat de protection des civils, la MINUSCA, appuyée par la Force française Sangaris, a procédé mardi à la reprise de certains édifices publics à Bria, occupés illégalement par les éléments armés ex-Séléka du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) » a expliqué la force onusienne dans un communiqué.
«La volonté de reprise de contrôle des bâtiments appartenant à l’Etat s’est heurtée à l’hostilité immédiate du groupe armé, entrainant la riposte déterminée des Forces internationales», a ajouté la Minusca en référence aux frappes aériennes de grande envergure qu’elle a mené dès l’aube pour déloger les ex-combattants.
Entre 800 et 1200 hommes armés de la Coalition ont élu domicile ces derniers mois dans la ville de Bria, selon une source proche de la Minusma qui précise que les bâtiments pris pour cible sont entre autres les résidences du préfet, du sous-préfet, le tribunal, le commissariat.
Cette opération visait à «mettre fin à l'existence d'une administration parallèle et à assurer davantage de protection des civils», a ajouté la Minusca dans son communiqué.
D’après des témoins, « les ex-combattants ont tous pris la fuite à la suite de cette attaque en se fondant au sein de la population ».
La semaine passée, le général Seleka Arda Hakouma, autoproclamé Chef d’Etat-major de la région militaire du nord-est, a nommé de nouvelles autorités communales à Bria et a exigé aux fonctionnaires et agents de l’Etat en service dans la localité de quitter la ville.
Cette opération des forces internationales devrait donc permettre la restauration de l’autorité de l’Etat notamment à travers la récupération des édifices publics sous contrôle des seleka, les régies financières (douanes, impôts, mines) et, permettre aux fonctionnaires et agents de l’état démis de leur responsabilité de revenir, selon la source proche de la Minusca.
La même source ignore si ce genre d’opérations va se poursuivre dans d’autres villes du pays tel que Bambari (Centre-est), Kaga Bandoro (Nord-est) et Ndélé (Nord) où des bâtiments administratifs sont également occupés par la Séléka.