AA – Ankara – Naz Altinsoy
L’ONU est cette fois-ci, "le premier responsable" des événements à Gaza, a affirmé le Premier ministre turc et candidat à l’élection présidentielle Recep Tayyip Erdogan, mardi en soirée.
"Selon les derniers chiffres qui me sont parvenus, l’agression israélienne contre Gaza a fait 194 morts et 1400 blessés, bombardé 1470 cibles à l’intérieur de la Bande, détruit 660 maisons et endommagé 12600 habitations, pilonné 19 mosquées, démoli 19 autres, et endommagé 33 écoles et 6 centres médicaux", a annoncé Erdogan.
"Si l’organisation des Nations Unies, créée pour réaliser la paix et la sécurité dans le Monde, s’avère être impuissante à accomplir la mission qui est la sienne, elle se doit de revoir sa fonction", a déclaré Erdogan.
"Et si vous comptez sur le Conseil de sécurité, d’aucuns savent que la destinée du monde est aux mains de 5 pays et ce qu’ils décident et disent, a-t-il ajouté. Si à titre d’exemple, ils disent que le Premier ministre turc est impopulaire, tous vont répéter et obtempérer. Ma question demeure la suivante : Avez-vous trouvez une personne qui dit la vérité et qui est aimée dans le monde. Malgré cela, nous dirons la vérité quoi qu’il en soit". a-t-il fait remarquer.
Le Premier ministre a souligné que la normalisation des relations entre la Turquie et Israël est hors de question dans ce contexte, malgré la résolution de l’affaire de Mavi Marmara. Il a par ailleurs, critiqué le manque d’égard de l’Occident envers la question palestinienne, ajoutant que certains médias tentent de cacher le fait que des personnes meurent. "Nous appelons encore une fois Israël à mettre fin à ses attaques contre Gaza", a-t-il insisté.
Erdogan a également dénoncé la réticence de l'ONU et de la communauté internationale à propos de la situation actuelle en Syrie.
"Alors que les cris de Srebrenica retentissent encore et toujours à nos oreilles, la mort des enfants dans la camp de Yarmouk, à quelques kilomètres de Damas, n’ont pas suffi pour faire pression sur le régime syrien", a-t-il fait observer.
"Le régime syrien méprise les décisions du Conseil de sécurité et empêche la livraison de l’aide humanitaire, a poursuivi Erdogan. La communauté internationale doit rapidement adopter des mesures concrètes pour exercer la pression nécessaire sur le régime syrien".
Concernant les accusations portées à l'encontre d'Ankara concernant un soutien présumé envers les groupes terroristes au Moyen-Orient, Erdogan a révélé une contradiction, affirmant qu'un État ne peut pas soutenir à la fois et l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), et al-Qaida et le Front al-Nosra, ces trois organisations étant diamétralement opposées.
"Nous accuser d’appuyer le terrorisme dans la région du Moyen-Orient, est une pure allégation, une illusion et une injustice, nous n’avons jamais soutenu une organisation terroriste, ni al-Qaida, ni le Front al-Nosra ni l’EIIL, a-t-il expliqué. Nous regrettons les efforts déployés par certaines parties qui tentent de nous porter atteinte en nous montrant comme étant un gouvernement qui appuie le terrorisme et les terroristes".