AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
La Turquie ne sera pas confrontée à une crise économique à la suite des élections législatives qui n'ont pas dégagé de majorité parlementaire, mais pourrait plutôt subir une courte période de volatilité, selon des experts.
Dans une déclaration faite, lundi, à l'agence Anadolu, Orhan Okmen, président du conseil d'administration du "Japan Credit Rating" pour l'Eurasie, a estimé qu''il y a "peu de risque qu'une crise émerge en Turquie'' dans ce nouveau contexte politique, au lendemain des élections.
Les élections ont offert la possibilité pour la Turquie de ''garantir la paix intérieure et la réconciliation nationale'', mais aussi d''apaiser les tensions politiques en continuelle hausse'', a-t-il encore dit.
Okmen a, par ailleurs, signalé que les problèmes accumulés au cours de la phase de la campagne électorale et la volatilité persisteront encore et marqueront l'économie turque.
"Un éventuel gouvernement de coalition n'est pourtant pas à l'origine de cette volatilité", a-t-il nuancé.
L'économiste a, aussi, prévu que l'affaiblissement de la livre turque face au dollar continuera à être un grand obstacle à la relace de la croissance économique du pays.
Arif Unver, président de l'Association des investisseurs du marché des capitaux (SPYD), a souligné, de son côté, qu'il ne faudrait pas prêter d'attention particulière aux volatilités qui se produisent au lendemain des élections.
''Le contexte politique qui se dégage des élections aurait pu générer un effet très néfaste sur l'économie si on avait obtenu les mêmes résultats quinze ans auparavant. Pourtant, ses impacts sur les marchés sont restreints aujourd'hui'', a affirmé Unver.
La tarification à court terme dans les marchés est provoquée par des ''impressions'' que l'on a sur l'avenir politique du pays, alors que la tarification à long terme s'appuie sur le ''rationnel'', a-t-il ajouté.
Gulay Elif Girgin, économiste en chef chez Seker Investment, a signalé, pour sa part, une courte période de volatilité de 90 jours, notamment, au cas où un gouvernement de coalition ne sera pas formé et de la tenue d'élections anticipées.
''Cette incertitude se transformera en une volatilité économique'', a averti Girgin.
Même en cas de prévalence n'un contexte politique calme et serein dans le pays, l'économie turque se verrait confrontée à une période difficile sur les marchés internationaux d'ici septembre, selon l'économiste.
Cette période risque d'être déclenchée par la Réserve fédérale américaine (FED) qui pourrait procéder à une révision des taux d'intérêt à la hausse en septembre.