AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
Le gouvernement turc s'efforce à ce que les effets de la crise engendrée par les fluctuations dans l'économie russe ne se répercutent sur les marchés nationaux, a annoncé le Premier ministre Ahmet Davutoglu.
S'exprimant à la presse jeudi sur le programme de ''Transformation structurelle pour une forte croissance équilibrée'' dans le cadre du 10e Plan de développement, Davutoglu a annoncé huit nouveaux plans de transformation économique et a évalué la situation de l'économie turque face à la fragilisation des marchés russes.
Les 8 nouveaux plans dévoilés par Davutoglu, portent sur "la haute productivité, l'épargne et la prévention de la dilapidation, le Centre international financier d'Istanbul, la rationalisation des dépenses publiques, la haute qualité des services publics, le développement des milieux d'affaires et d'investissement, le développement de l'infrastructure des statistiques et la lutte contre l'économie informelle".
L'annonce d'un tel programme de transformation structurelle met en exergue la détermination du gouvernement turc à maintenir une économie stable au vu du la dégringolade de l'économie mondiale et de la baisse des prix du pétrole, a déclaré Davutoglu.
''La baisse des prix de pétrole à 60 dollars aura un impact positif sur notre économie, a souligné le Premier ministre. Cet impact est répercuté dans les prix de l'essence à la pompe, pourtant nous ne ferons pas preuve de laxisme en raison de cette tendance.''
Le gouvernement turc se concentrera au contraire sur la durabilité de la croissance économique, non pas par l'augmentation de la demande, mais par le développement des exportations, a-t-il ajouté.
Davutoglu a rappelé à cet égard que le ratio du volume du commerce extérieur au PIB s'est élevé de 38% en 2002 à 49,1% en 2013 et que le stock de la dette publique s'établit à 36,3% contre 70%, conformément aux normes européennes.
Parmi les huit plans annoncés, Davutoglu a mis l'accent, entre autres, sur la productivité, affirmant notamment: "Nous visons à développer l'esprit de productivité, à améliorer la production, à augmenter la valeur ajoutée. Nous sommes déterminés à ce que la productivité du secteur industriel contribue à hauteur de 20% à la croissance économique."
Davutoglu a aussi insisté sur le rôle du secteur privé dans la transformation économique. La part des investissements du secteur privé dans le PIB qui est de 15,5% en 2013 devra atteindre 19,3% d'ici fin 2018.
''Nous souhaitons aussi élever le nombre des sites d'investissement et être parmi les 40 premiers pays en termes d'l'indice de facilité de faire des affaires [de la Banque mondiale]'', a-t-il poursuivi.
En vue de contenir le niveau des importations, Davutoglu a annoncé des impôts dissuasifs sur des biens de luxe et d'autres produits d'importation ainsi que des incitations financières en faveur des industries locales ayant recours à la technologie et qui contribuent à la productivité.
Le Premier ministre a révélé par ailleurs que le Centre international financier d'Istanbul est un projet qui vise à faire figurer la ville parmi les 25 centres financiers mondiaux à court terme et à relever la part du secteur financier dans le PIB à 6% à long terme, .
La Turquie établira aussi des cours d'arbitration à Istanbul, spécialisées dans le secteur financier, a-t-il ajouté.
D'autre part, Davutoglu a commenté l'évolution de l'économie turque face à la récente dépréciation du rouble russe, soulignant que le gouvernement n'a pas agi sous l'effet de la panique et a entrepris des mesures qui veillent à garantir l'équilibre des marchés.
Le confinement de la dépréciation de la livre turque à 2-3% lors de ces derniers jours est le fruit de la collaboration du Trésor et de l'accord entre la Banque centrale et les sociétés d'énergie, selon le Premier ministre.
''Aucun milieu ne devra s'inquiéter, a noté Davutoglu. Les marchés internationaux ont encore pleinement confiance en l'économie turque''.
La Banque centrale turque était intervenue rapidement mardi après que la livre turque a atteint son plus faible niveau face au dollar américain en prenant en charge des demandes de devises étrangères des sociétés importatrices d'énergie en Turquie.