İlhan Toprak,Tuncay Çakmak,Saida Charafeddine
16 Mars 2016•Mise à jour: 16 Mars 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a lancé un appel à toutes les formations politiques de son pays pour former «une coalition du peuple» contre le terrorisme.
Le Président turc s’est exprimé, mercredi, sur la question de la lutte contre le terrorisme lors de sa rencontre traditionnelle avec des maires de quartiers et de villages venant des différentes provinces du pays.
"J'appelle toutes les formations politiques, en dehors de celle qui se fait le porte-voix du PKK [le HDP] et qui n'est plus un acteur politique légitime, à former une coalition du peuple contre le terrorisme et les organisations terroristes, en mettant de côté toutes nos différences", a-t-il lancé.
«Le terrorisme n’est plus une menace présente juste dans certaines de nos régions, il menace l’ensemble de notre territoire, a-t-il ajouté. Il est urgent que nous nous opposions ensemble au terrorisme.»
Erdogan a, par ailleurs, très sévèrement critiqué les intellectuels, académiciens, journalistes et politiques qui défendent les terroristes et utilisent les attentats à des fins politiques.
"Il y a encore des organes de presse qui les [les terroristes] défendent. Certaines personnes et certains milieux sont assez minables et sans caractère pour utiliser cet attentat à des fins politiques. Aucun statut ne doit pouvoir voiler le soutien au terrorisme", a-t-il dit.
Erdogan a saisi l'occasion pour réitérer son appel pour une révision de la législation turque contre le terrorisme et pour retravailler les définitions du "terrorisme" et de "terroriste".
Concernant les propos et les agissements des députés du Parti Démocratique des Peuples (HDP), le président de la République a exprimé son souhait de voir l' immunité parlementaire de certains levée pour qu’ils soient soumis à la justice.
"Il faut aboutir rapidement sur la question de l'immunité parlementaire. Mon peuple ne peut tolérer que des députés responsables de la mort de 50 personnes se promènent tranquillement dans le parlement. Il en est de même, pour ceux qui se reconnaissent du PKK, du PYD et du YPG. Si le parlement ne prend pas ses responsabilités, le peuple lui demandera des comptes", a-t-il dit.
"Est-il possible que l'organisation terroriste qui a ciblé au hasard des civils, dans l'attentat d'Ankara, ait un lien avec la démocratie?. Certains utilisent le même langage que les dirigeants de cette organisation terroriste [PKK], il est donc logique que nous les qualifions de terroristes" a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Erdogan a répété ses critiques adressées aux pays européens et occidentaux, en particulier aux Etats-Unis, qu’il trouve peu sincères dans leur approche contre les organisations terroristes qui attaquent la Turquie.
«Nous retrouvons dans les mains des terroristes du PKK des armes occidentales, russes et américaines. Regardez en Europe, les membres du PKK agissent librement sans aucune crainte. Les ressources de l’organisation terroriste sont acquises dans les pays européens, alors que l’Union Européenne a reconnu que le PKK est une organisation terroriste. Mais que font-ils en dehors de nous présenter des condoléances» a-t-il encore dit.
Erdogan a ensuite exprimé la détermination de l’Etat et du gouvernement à combattre là où il est nécessaire et tant qu’il faudra, le terrorisme et les terroristes: "Il ne peut y avoir sur ces terres d'autre Etat que la République de Turquie, ni Etat parallèle, ni autonomie, ni autre. Un seul Etat !", a-t-il lancé pour conclure.