AA - Istanbul
Le Coordinateur Général pour Istanbul de la Fondation pour les Recherches Politiques, Economiques et Sociales (SETA), Fahrettin Altun, estime que le PKK est soutenu par une partie des médias qui cherchent à légitimer son action terroriste contre la police ou les soldats en Turquie.
Pour l’expert, le terrorisme est un outil pour minimiser voire anéantir le champ d’action de la politique, où la parole est condamnée au silence par la violence.
Les organisations terroristes utilisent deux moyens pour aboutir à leurs objectifs, explique Altun : Le premier c’est l’action armée et meurtrière, le second c’est les moyens de communication qui permettent de faire parvenir l'écho de leurs actions aux masses.
«Les organisations créent et dirigent des centres de médias et de presse, a-t-il expliqué. Mais ils cherchent également à faire passer leurs messages dans des canaux plus traditionnels. Le PKK profite pour la première fois, d’une large et importante connivence d’une partie des médias en Turquie. Ses attaques contre nos policiers et nos soldats sont traitées d’une manière manipulatrice cherchant à les légitimer. Nous sommes confrontés à une prise de position pro-PKK de l’un des plus grands groupes de média de notre pays.»
Fahrettin Altun affirme que les messages du PKK transmis dans ses centres de presse sont repris comme tels par ce grand groupe de presse, sans être vérifiés.
«Voici un exemple concret, a-t-il poursuivi. Juste après l’explosion meurtrière de Daglica, le PKK a diffusé un message sur ses propres médias. Le message affirmait que le nombre de soldats morts était beaucoup plus important que le chiffre officiel. Certains médias ont repris ces informations sans même chercher à vérifier la véracité de son contenu.»
Pour Altun, depuis 2002, de nombreuses organisations ont cherché à mettre la main sur la politique en Turquie.
Le dernier exemple est celui de «l’organisation Parallèle» qui a tenté de s’imposer en implantant une oligarchie bureaucratique.
«L’organisation parallèle n’a pas réussi non plus, a-t-il affirmé. Ils ont cherché à faire chuter le Président de la République, Recep Tayyip Erdogan, lors des évènements du Parc de Gezi. Un groupe d’élites devait contrôler les postes clés de l’Etat, de la justice ou de l’enseignement. Les 17 et 25 décembre 2013, ils ont cherché à faire tomber le gouvernement en utilisant la justice. Aujourd’hui, ces mêmes personnes encouragent le PKK à tuer plus de gens. C’est pourquoi leur coopération n’est pas si difficile.»
Certains médias et organisations comme le Parallèle utilisent la manipulation médiatique et la propagande pour lutter contre le pouvoir, estime Altun.
«Si seulement il existait un mécanisme de contrôle qui ne permettrait pas que ces manipulations médiatiques soient aussi faciles à réaliser.»