AA - Ankara - Nur Gülsoy
Avec la résolution sur les événements de 1915, le Parlement européen a instrumentalisé l'histoire pour la politique, a déclaré le ministre turc de l'Union européenne (UE), Volkan Bozkir.
Dans un communiqué qu'il a diffusé mercredi, Bozkir a commenté la résolution non contraignante mais symbolique, que le Parlement européen a adoptée plus tôt dans la journée de mercredi, à 351 voix contre 269, en faveur des allégations arméniennes.
"Le Parlement européen apprécie le message qu'a délivré le Pape François le 12 avril à l'occasion du centenaire du génocide arménien, dans un esprit de paix et de réconciliation", lit-on dans la déclaration qui qualifie de "génocide" les événements de 1915.
Selon Bozkir, "le Parlement européen a fait preuve de discrimination et suivi un point de vue sélectif en ce qui concerne les douleurs du passé, ignorant l'oppression des peuples turcs et musulmans lors de la Première Guerre mondiale, pour prioriser les douleurs des Arméniens uniquement."
"Nous avons signé des protocoles avec l'Arménie en 2009, a poursuivi le ministre Bozkir. Mais avant même d'être approuvés, ces protocoles avaient été retirés par le Parlement arménien. Contre la bienveillance de la Turquie, le Parlement européen a instrumentalisé l'histoire pour la politique."
Bozkir a estimé plus opportun pour les Européens, que le Parlement européen "se penche plutôt sur les sujets du radicalisme, de l'intolérance et de la discrimination ethnique-religieuse, les plus grandes menaces pour l'Europe."
Les allégations arméniennes sur les événements de 1915 font l'objet de plusieurs débats, surtout à l'approche du 24 avril, date marquant, pour les Arméniens, le centenaire de ces événements.
Une messe avait été organisée dimanche dernier à la basilique Saint-Pierre à Rome, "à la mémoire des Arméniens qui ont perdu la vie en 1915" en présence du président arménien Serge Sarkissian.
Le Pape François avait déclaré durant cette messe que "l'humanité a connu trois grandes tragédies au siècle dernier, dont celle considérée comme le premier génocide du XXème siècle, et qui a visé (...) les Arméniens."
Les dirigeants de l'Etat turcs ont qualifié ces propos de "nuls et non avenus".
Le porte-parole du Vatican Federico Lombardi a déclaré, par la suite, que le Pape ne souhaitait pas susciter la polémique.